Hannah Neumann, députée au Parlement européen, a critiqué le changement d’approche de la communauté internationale et de plusieurs gouvernements européens envers les talibans, à l’approche du cinquième anniversaire de la chute de Kaboul.
Dans une série de messages publiée le 14 août sur le réseau social X, Neumann a déclaré qu’il y a cinq ans, la communauté internationale cherchait avant tout à protéger les Afghans contre les talibans, alors qu’aujourd’hui de nombreux pays discutent de la manière de coopérer avec ce mouvement pour renvoyer des migrants afghans.
« Les talibans n’ont pas changé, mais nous avons changé et nous laissons tomber les Afghans », a-t-elle écrit.
La députée européenne, connue pour ses critiques des politiques des talibans et son soutien aux droits des femmes afghanes, estime que l’engagement des pays européens avec les talibans ne doit pas se faire au détriment des droits humains en Afghanistan.
Neumann s’était déjà opposée à plusieurs rencontres officielles entre responsables européens et représentants des talibans, estimant que de telles initiatives pouvaient contribuer à la normalisation du pouvoir de ce mouvement.
Dans ses précédentes prises de position, elle avait également affirmé que les talibans n’avaient pas respecté leurs engagements concernant les droits humains, la formation d’un gouvernement inclusif et la lutte contre l’extrémisme. Elle avait appelé la communauté internationale à ne pas avancer vers une normalisation des relations avant que ces conditions ne soient remplies.
Ces déclarations interviennent alors que, à l’approche du cinquième anniversaire du retour des talibans au pouvoir, plusieurs pays européens réexaminent leur politique concernant l’immigration afghane et leurs relations avec les autorités talibanes.
Les détracteurs de cette approche estiment que toute coopération avec les talibans concernant le retour des migrants doit être accompagnée d’une évaluation individuelle de leur situation sécuritaire et des risques liés aux droits humains. Ils avertissent que certains retours pourraient exposer les personnes concernées à des persécutions, des mauvais traitements ou d’autres violations des droits fondamentaux.
De leur côté, plusieurs gouvernements européens mettent en avant l’application de leurs politiques migratoires et le retour des personnes qui ne disposent pas d’un droit légal de séjour.
Le débat sur la manière de traiter avec les talibans se poursuit alors que les femmes et les filles afghanes restent soumises à de nombreuses restrictions dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et de la participation à la vie publique.
La question d’une éventuelle reconnaissance ou normalisation des relations avec les talibans demeure ainsi controversée en Europe, entre impératifs migratoires, considérations sécuritaires et préoccupations liées aux droits humains.


















