Des sources bien informées à Kaboul ont déclaré à Nimruz TV que Abdul Hakim Sharaei, ministre de la Justice des talibans, avait convoqué deux hauts responsables hazaras du régime et les avait, selon elles, réprimandés, insultés et humiliés lors d’une réunion.
Selon ces sources, Sharaei a contacté dimanche soir Madar Ali Karimi, vice-ministre de l’Urbanisme, et Abdul Latif Nazari, vice-ministre de l’Économie, leur demandant de se présenter lundi matin à son bureau au ministère de la Justice, dans le secteur de Darul Aman à Kaboul.
Les sources affirment que Karimi et Nazari ont rencontré le ministre entre 9 heures et 11 heures du matin et qu’au cours de cette réunion, Sharaei les aurait vivement réprimandés et insultés.
Selon les mêmes sources, Mohammad Hassan Ghiyasi, vice-ministre de la Santé et autre responsable hazara du régime taliban, avait également été convoqué au ministère de la Justice, mais aurait refusé de participer à la réunion.
Karimi et Nazari comptent parmi les responsables hazaras les plus haut placés dans la structure actuelle des talibans. Le cabinet taliban ne compte actuellement aucun ministre hazara ou chiite.
Cette tension intervient alors que les désaccords entre certains Hazaras et chiites afghans et le ministère de la Justice des talibans se sont intensifiés ces derniers jours autour de la décision concernant l’évacuation du complexe résidentiel Omid Sabz, dans l’ouest de Kaboul.
Un tribunal spécial des talibans avait auparavant déclaré propriété de l’État plus de 1 500 jeribs de terrain appartenant au complexe résidentiel Omid Sabz. Le ministère de la Justice a ensuite accordé aux habitants un délai pour quitter leurs logements.
Les sources n’ont pas fourni de détails précis sur le contenu des discussions entre le ministre de la Justice et les responsables convoqués. Toutefois, la convocation de ces responsables dans le contexte du conflit autour d’Omid Sabz pourrait être le signe d’une aggravation des tensions entre certaines figures hazaras présentes dans la structure talibane et les institutions du régime.
Nimruz TV n’est pas en mesure de vérifier indépendamment les accusations d’insultes et d’humiliations. Les talibans n’ont pas non plus publié de réaction officielle à ce sujet jusqu’à la publication de cette information.











