Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rencontré Malala Yousafzai, militante en faveur de l’éducation des filles, ainsi que plusieurs militantes afghanes, lors d’une réunion consacrée à la situation des femmes et des filles en Afghanistan.
Le gouvernement sud-africain a indiqué dimanche 9 août que les femmes afghanes présentes à la rencontre avaient demandé à Pretoria de soutenir les initiatives internationales visant à lutter contre ce qu’elles qualifient d’« apartheid de genre » en Afghanistan.
Selon le communiqué du gouvernement sud-africain, les participantes ont également insisté sur la nécessité de placer la voix des femmes afghanes au centre des efforts internationaux en faveur de la justice et de la responsabilité.
Après la rencontre, Malala Yousafzai a remercié Ramaphosa, sur le réseau social X, pour son empathie et son engagement auprès des femmes afghanes. Elle a rappelé que l’Afghanistan s’apprête à entrer dans la cinquième année du régime taliban, marquée selon elle par de vastes restrictions contre les droits des femmes et l’exclusion des filles de l’enseignement secondaire et supérieur.
La militante pakistanaise a également souligné l’importance du soutien de l’Afrique du Sud aux efforts visant à obtenir justice et à empêcher la normalisation de ce qu’elle décrit comme un apartheid de genre.
Cette position s’inscrit dans l’histoire de l’Afrique du Sud, où la lutte contre l’apartheid racial a constitué un élément majeur de la transformation politique du pays. Des responsables sud-africains ont déjà établi un parallèle entre cette expérience historique et la mobilisation contre les discriminations visant les femmes en Afghanistan, en soulignant notamment l’importance de la résistance intérieure et de la solidarité internationale.
Le représentant de l’Afrique du Sud auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations unies avait auparavant exprimé le soutien de son pays aux initiatives contre l’apartheid de genre et appelé à ne pas rester silencieux face aux restrictions imposées aux femmes et aux filles afghanes.
L’ambassadeur sud-africain à Londres avait lui aussi qualifié les politiques des talibans envers les femmes d’apartheid de genre et de crime contre l’humanité, estimant que l’expérience sud-africaine pouvait constituer une source d’inspiration pour les Afghans.
La rencontre entre Ramaphosa, Malala Yousafzai et les militantes afghanes intervient alors que les efforts internationaux visant à faire reconnaître l’apartheid de genre comme un crime au regard du droit international se poursuivent, parallèlement aux appels à exercer davantage de pression sur les talibans pour qu’ils lèvent les restrictions imposées aux femmes et aux filles.


















