Des femmes afghanes ont manifesté samedi 8 août à Francfort, en Allemagne, à l’approche du cinquième anniversaire du retour des talibans au pouvoir, pour réclamer le rétablissement des droits fondamentaux des femmes et des filles en Afghanistan.
Les manifestantes ont scandé notamment « Éducation, travail, liberté » et dénoncé la poursuite, cinq ans après le retour des talibans, des restrictions visant l’éducation, l’emploi, les libertés sociales et la participation des femmes à la vie publique.
Les organisatrices ont présenté ce rassemblement comme le début d’une semaine d’actions civiles à l’approche du cinquième anniversaire de la prise du pouvoir par les talibans. Elles ont affirmé que les femmes afghanes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, continueraient à faire entendre leurs revendications malgré la répression et l’exil.
Dans leur déclaration, les organisatrices ont rappelé que des femmes avaient déjà manifesté dans les rues de Kaboul il y a cinq ans contre le retour des talibans. Selon elles, l’exil a changé le lieu et les formes de leur mobilisation, mais pas leurs revendications.
Les manifestantes ont également critiqué la communauté internationale, l’accusant d’avoir relégué les droits et les libertés de millions de femmes et de filles afghanes au second plan dans ses relations politiques avec les talibans. Elles ont appelé les gouvernements étrangers à ne pas privilégier la normalisation et l’engagement diplomatique au détriment des droits humains.
Elles ont notamment averti que toute reconnaissance progressive des talibans ou normalisation des relations avec ce groupe ne devait pas se faire au prix de l’abandon des droits des femmes afghanes.
Le rassemblement a également insisté sur la poursuite des mobilisations dans les pays d’accueil. Les organisatrices ont déclaré que les femmes vivant à Kaboul, Hérat, Mazar-e-Charif, Kandahar et dans d’autres villes afghanes restent confrontées à de nombreuses restrictions, tandis que les femmes afghanes en exil se considèrent comme responsables de faire parvenir leur voix à la communauté internationale.
La manifestation de Francfort a été organisée avec la participation de plusieurs militantes et organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International et l’association « Femme, Vie, Liberté ».
À la fin du rassemblement, les manifestantes ont affirmé que les talibans avaient pris le contrôle du territoire afghan, mais qu’ils n’avaient pas réussi, selon elles, à faire disparaître la volonté des femmes afghanes de défendre leur droit à l’éducation, au travail, à la liberté et à l’égalité.


















