La cheffe par intérim de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA), Georgette Gagnon, a une nouvelle fois appelé les autorités talibanes à lever les restrictions imposées à l’éducation des filles et à permettre leur retour à tous les niveaux du système scolaire.
Lors d’une visite dans le district d’Estalif, dans la province de Kaboul, où elle s’est rendue dans une école primaire de filles, Georgette Gagnon a déclaré que les jeunes Afghanes devaient pouvoir poursuivre leurs études afin de contribuer au développement et à l’avenir de leur pays.
Selon une vidéo publiée par l’UNAMA, elle a également rencontré des responsables locaux des autorités talibanes ainsi que des représentants de la communauté afin d’échanger sur les défis économiques, les besoins en matière d’éducation et la situation du district.
La responsable onusienne a par ailleurs visité un laboratoire informatique installé dans une école primaire grâce au soutien des Nations unies. Elle a souligné l’importance de garantir aux filles un accès aux technologies de l’information et aux compétences numériques.
Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont interdit l’accès des filles à l’enseignement secondaire au-delà de la sixième année. En décembre 2022, ils ont également interdit aux femmes et aux jeunes filles de poursuivre des études universitaires. L’Afghanistan demeure à ce jour le seul pays au monde où les filles sont privées d’accès à l’enseignement secondaire et supérieur.
Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), plus de 2,5 millions de filles afghanes sont actuellement privées de leur droit à l’éducation. Si ces restrictions demeurent en vigueur, leur nombre pourrait dépasser quatre millions d’ici 2030.
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a également averti que le maintien de ces interdictions pourrait entraîner, d’ici 2030, une pénurie de plus de 20 000 enseignantes et de 5 400 professionnelles de santé en Afghanistan. L’organisation estime en outre que cette situation accroît les risques de mariages précoces, réduit le nombre de femmes qualifiées et pourrait contribuer à une hausse de la mortalité maternelle et néonatale.
Au moment de la publication de cette information, les autorités talibanes n’avaient pas réagi au nouvel appel lancé par la cheffe par intérim de l’UNAMA.


















