L’organisation de défense des droits humains Hana a mis en garde contre la poursuite en Iran du programme de « régularisation et d’expulsion des ressortissants en situation irrégulière » et contre ses conséquences pour les migrants afghans, notamment les femmes et les enfants.
Selon Hana, l’expulsion de migrants sans évaluation individuelle de leur situation et des risques auxquels ils pourraient être confrontés après leur retour peut entraîner de graves violations de leurs droits fondamentaux.
L’organisation affirme avoir précédemment documenté des cas de détention, de mauvais traitements, d’expulsion, de séparation de familles ainsi que des restrictions visant l’accès des Afghans aux documents d’identité et à certains services essentiels en Iran.
Hana a particulièrement insisté sur la situation des enfants de moins de 18 ans. Selon cette organisation, le statut migratoire des parents ne devrait pas, à lui seul, constituer un motif de détention, de séparation ou d’expulsion d’un enfant. Elle estime que les décisions concernant les enfants doivent avant tout prendre en compte leur intérêt supérieur et préserver l’unité familiale.
L’organisation a également exprimé des inquiétudes concernant les femmes et les filles afghanes. Elle estime que leur expulsion sans examen individuel de leur situation, notamment des risques liés au genre, de leur situation familiale et de l’absence éventuelle de réseau de soutien en Afghanistan, pourrait les exposer à de graves violations de leurs droits.
Hana appelle ainsi les autorités iraniennes à éviter toute expulsion collective ou séparation familiale et à examiner individuellement les besoins de protection de chaque personne avant son retour.
De son côté, Ali Zeynivand, porte-parole du ministère iranien de l’Intérieur, a annoncé la poursuite du programme visant à organiser le séjour et à rapatrier les migrants afghans ne disposant pas de documents de résidence valides.
Selon Zeynivand, environ deux millions d’Afghans sans titre de séjour auraient quitté l’Iran depuis avril 2025. Il affirme également que plus de 200 000 Afghans ont quitté le pays de leur propre initiative depuis le début de l’année en cours.
Le responsable iranien a précisé que cette politique ne signifiait pas l’expulsion de tous les Afghans et que les personnes disposant de documents de séjour valides pouvaient continuer à résider en Iran, tout en étant soumises à certaines contributions pour des services tels que les soins médicaux et les subventions.
Parallèlement, les Nations unies et plusieurs organisations humanitaires ont mis en garde contre les conséquences d’un retour massif de migrants vers l’Afghanistan. Le pays reste confronté à une situation économique difficile, à un chômage élevé et à une diminution de l’aide humanitaire, tandis que de nombreux rapatriés ont besoin d’un soutien pour accéder au logement, à la nourriture, aux soins de santé et aux moyens de subsistance.
Le principal désaccord entre les autorités iraniennes et les organisations de défense des droits humains porte ainsi sur la manière de mettre en œuvre la politique migratoire. Téhéran insiste sur la régularisation et le retour des personnes sans documents valides, tandis que les organisations de défense des droits demandent une évaluation individuelle afin d’éviter le renvoi de personnes susceptibles d’être exposées à de graves dangers après leur retour en Afghanistan.


















