L’expulsion de 31 ressortissants afghans depuis l’aéroport de Leipzig vers Kaboul a relancé le débat en Allemagne sur la politique de renvoi des demandeurs d’asile afghans, en particulier après la présence, parmi les personnes expulsées, d’un homme ne faisant l’objet d’aucune condamnation pénale.
Selon les critiques de cette décision, il s’agirait du premier cas, depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, où un ressortissant afghan sans antécédents judiciaires est renvoyé vers l’Afghanistan. Ils estiment que cette évolution pourrait ouvrir la voie à une extension des expulsions au-delà des personnes condamnées pour des infractions pénales.
Clara Bünger, députée du parti Die Linke, et Helen Frowe… (corrigé : Helen Rösner), directrice exécutive de l’organisation Pro Asyl, ont averti que cette décision risquait d’élargir le champ des expulsions. Elles estiment qu’au regard de la situation des droits humains en Afghanistan, cette politique est incompatible avec les engagements internationaux de l’Allemagne.
Le gouvernement allemand défend, de son côté, cette mesure en affirmant que l’exécution des décisions définitives d’expulsion fait partie de sa politique de sécurité publique et de gestion des migrations. Selon Berlin, les personnes qui ne disposent plus d’un droit légal de séjour doivent quitter le territoire allemand.
D’après les statistiques du gouvernement fédéral, le nombre total de ressortissants afghans expulsés d’Allemagne depuis le retour des talibans au pouvoir s’élève désormais à 227, en incluant ce dernier vol.
Les opposants à cette politique expriment également leur inquiétude face au développement de la coopération administrative entre l’Allemagne et les autorités talibanes pour organiser ces expulsions. Ils craignent qu’une telle coopération ne contribue à renforcer la légitimité politique des talibans et ne facilite leur accès à des données personnelles concernant des citoyens afghans.
Parallèlement, plusieurs organisations de défense des réfugiés demandent la suspension des expulsions vers l’Afghanistan, estimant que la situation sécuritaire et les violations des droits humains dans le pays rendent ces retours incompatibles avec les normes internationales de protection des réfugiés.


















