Selon des informations obtenues par Nimruz TV auprès de sources locales, des réseaux organisés de passeurs continueraient d’utiliser les régions montagneuses et désertiques de la province pakistanaise du Baloutchistan pour faire passer clandestinement des migrants afghans vers l’Iran, malgré le renforcement des mesures de sécurité dans la région.
Les sources indiquent que les migrants seraient d’abord conduits depuis la province afghane de Nimroz jusqu’à Nok Kundi, dans le district de Chagai, avant d’être acheminés vers l’Iran en passant par la région de Mashkel, dans le district de Washuk. Elles affirment également que ces réseaux bénéficieraient de l’aide de certains intermédiaires locaux de part et d’autre de la frontière afin d’éviter les patrouilles frontalières.
D’après ces mêmes sources, le coût du passage entre Nok Kundi et l’Iran s’élèverait à environ 40 000 roupies pakistanaises par migrant. Une partie des personnes arrivées en Iran poursuivrait ensuite son voyage vers la Turquie puis vers plusieurs pays européens.
Les sources évoquent également un second itinéraire empruntant la zone côtière de Kantani, près de Jiwani, dans le district de Gwadar. Les migrants y traverseraient la frontière à bord de petites embarcations pour rejoindre illégalement le territoire iranien. Ce trajet coûterait environ 15 000 roupies pakistanaises, même si son utilisation aurait diminué ces derniers mois en raison du renforcement des contrôles de sécurité.
Toujours selon les informations recueillies, les activités de trafic de migrants se poursuivraient malgré les restrictions imposées au poste-frontière de Chaman, tandis que le coût du transport jusqu’à Quetta aurait baissé par rapport aux années précédentes.
Les informations obtenues font également état de près de 580 ressortissants afghans arrêtés dans le Baloutchistan depuis le mois de mai alors qu’ils tentaient de rejoindre clandestinement l’Iran ou l’Europe. Au moins onze citoyens afghans auraient par ailleurs perdu la vie dans deux incidents distincts.
Les Nations unies avaient auparavant averti que la persistance des crises en Afghanistan, les retours forcés de migrants, la dégradation de la situation économique et la diminution de l’aide humanitaire augmentaient le risque de trafic d’êtres humains touchant les citoyens afghans.
Les informations relatives aux itinéraires, aux méthodes de fonctionnement des réseaux de passeurs et aux chiffres avancés proviennent de sources locales. Nimruz TV n’a pas été en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.


















