Selon le Système européen d’information sur les incendies de forêt (EFFIS), les conditions favorables aux incendies — chaleur extrême, sécheresse et vents forts — ont été supérieures de 43 % à la moyenne des vingt dernières années au cours des sept premiers mois de l’année dans l’Union européenne. Les experts estiment que les émissions liées aux combustibles fossiles et le changement climatique aggravent cette situation.
Les données de l’EFFIS indiquent qu’environ 435 000 hectares de terres ont été ravagés par les flammes depuis le début de l’année, soit près de trois fois la moyenne observée ces dernières années. Plus de 1 400 incendies ont été recensés, un chiffre supérieur de plus de deux fois à la moyenne habituelle.
La France a déjà perdu environ 91 000 hectares, établissant un nouveau record annuel alors que la saison estivale est loin d’être terminée. En Espagne, où le plus vaste incendie jamais enregistré dans le pays s’est produit cette année, près de 207 000 hectares ont brûlé, soit près de cinq fois la moyenne habituelle à cette période.
Un nouvel incendie près de la frontière portugaise a également conduit les autorités à évacuer environ 600 personnes, tandis que le Centre de coordination de la réaction d’urgence de l’Union européenne avertit que les prochaines semaines pourraient être encore plus difficiles, les incendies progressant également en Italie et en Grèce.
Les chercheurs soulignent que les vagues de chaleur successives assèchent fortement la végétation, permettant aux feux de se propager beaucoup plus rapidement. Ils observent également une évolution du comportement des incendies en Europe : les départs de feu sont moins nombreux qu’auparavant, mais ils deviennent nettement plus étendus et plus intenses lorsqu’ils ne sont pas maîtrisés rapidement.
Le météorologue José Miguel Viñas a déclaré au journal The Guardian que ces résultats confirment scientifiquement les tendances observées depuis plusieurs années dans le sud de l’Europe et dans d’autres régions du monde. Selon lui, « des températures plus élevées, une sécheresse accrue et des vents plus forts rendent les incendies de forêt beaucoup plus violents et difficiles à contrôler ».
Les estimations indiquent enfin que les vagues de chaleur ont déjà causé la mort d’au moins 10 000 personnes et provoqué environ deux milliards d’euros de pertes pour la production céréalière en Europe.


















