Deux mouvements de femmes afghanes en Iran ont appelé la communauté internationale à renforcer la pression sur les talibans et à empêcher toute normalisation des relations avec ce groupe, à l’occasion du cinquième anniversaire de la chute de la République afghane.
Le « Mouvement Voix des femmes afghanes » et le « Mouvement spontané des femmes afghanes protestataires » ont publié leur déclaration le 15 août 2026 à Téhéran.
Dans ce texte, les deux mouvements qualifient les talibans de groupe « usurpateur », dépourvu selon eux de légitimité populaire et internationale. Ils condamnent toute initiative visant à normaliser les relations avec les talibans, à présenter leur gouvernance sous un jour favorable ou à leur accorder une représentation diplomatique.
Les militantes affirment que le dialogue avec les talibans ne doit pas être interprété comme une reconnaissance de leur pouvoir ni conduire à minimiser la situation des droits humains en Afghanistan.
La déclaration demande également la reconnaissance de l’« apartheid de genre » en Afghanistan comme cadre juridique permettant de répondre aux restrictions imposées aux femmes et aux filles.
Les deux mouvements considèrent l’exclusion systématique des femmes de l’éducation, de l’emploi et de la vie publique comme des violations graves des droits humains. Ils appellent les Nations unies et les organisations de défense des droits humains à poursuivre les dirigeants talibans devant les instances internationales compétentes.
Concernant les migrants, les mouvements demandent également une protection accrue pour les millions d’Afghans réfugiés ou migrants à l’étranger.
Ils appellent les pays d’accueil, en particulier la République islamique d’Iran, ainsi que les organisations internationales à éviter ce qu’ils décrivent comme une « instrumentalisation politique des réfugiés » et à garantir aux migrants afghans leurs droits légaux, leur dignité et leur sécurité.
Dans leur déclaration, les deux mouvements affirment que cinq années de pouvoir taliban n’ont pas réussi à faire disparaître la volonté du peuple afghan de vivre dans la liberté et la justice.
Les organisatrices présentent leur texte non seulement comme une commémoration du cinquième anniversaire de la chute de la République, mais comme un « renouvellement de l’engagement pour une lutte continue » jusqu’à la fin du pouvoir taliban et l’établissement d’un gouvernement fondé sur le vote libre des citoyens, la justice sociale et l’égalité.
Ces revendications interviennent alors que, cinq ans après le retour des talibans au pouvoir, les tensions persistent entre le mouvement et une partie de la société civile ainsi que les forces politiques qui lui sont opposées.
Les droits des femmes, la manière dont la communauté internationale traite avec les talibans et la situation des migrants afghans restent parmi les principaux sujets de confrontation politique et sociale autour de l’avenir de l’Afghanistan.


















