La Cour suprême du Pakistan a confirmé la condamnation à mort de deux hommes reconnus coupables du viol collectif d’une femme française sous les yeux de ses jeunes enfants, dans une affaire qui avait profondément choqué le pays et suscité un vaste débat sur la sécurité des femmes et la lutte contre les violences sexuelles.
Selon les informations publiées par le Daily Mail, les recours déposés par Abid Malhi, 28 ans, et Shafqat Ali, 33 ans, ont été rejetés. La décision maintient ainsi les peines prononcées à leur encontre par la justice pakistanaise.
Les deux hommes avaient été condamnés non seulement pour viol collectif, mais également pour enlèvement, vol et infractions liées au terrorisme. En 2021, un tribunal antiterroriste les avait condamnés à la peine capitale, mais les procédures d’appel se sont poursuivies pendant plusieurs années.
Les faits remontent à la soirée du 9 septembre 2020. Une femme française d’origine pakistanaise circulait sur l’axe reliant Sialkot à Lahore lorsque son véhicule est tombé en panne de carburant sur une route isolée.
D’après les documents judiciaires, les agresseurs auraient brisé la vitre du véhicule, forcé la victime à en sortir sous la menace d’une arme et l’auraient violée devant ses trois jeunes enfants.
Après l’agression, les suspects auraient dérobé de l’argent liquide, des bijoux et des cartes bancaires avant de prendre la fuite.
Quelques jours plus tard, les enquêteurs pakistanais ont identifié les suspects grâce à des données téléphoniques, des analyses ADN et des investigations de terrain. La victime les a reconnus au cours de la procédure judiciaire et l’un des accusés a également admis sa participation lors de l’enquête.
L’affaire avait provoqué une onde de choc à travers le Pakistan. Elle était rapidement devenue un symbole des inquiétudes croissantes concernant la sécurité des femmes et la manière dont les victimes de violences sexuelles sont traitées par certaines institutions.
La controverse avait été amplifiée par les déclarations d’un haut responsable de la police de Lahore qui s’était interrogé publiquement sur les raisons pour lesquelles la victime voyageait seule de nuit sans accompagnateur masculin.
Ces propos avaient suscité une vive réaction des organisations de défense des droits des femmes, qui les avaient dénoncés comme un exemple de « culpabilisation des victimes ».
Les défenseurs des droits humains estiment que cette affaire a contribué à attirer l’attention de l’opinion publique sur l’ampleur des violences sexuelles au Pakistan. Ils soulignent que de nombreuses victimes renoncent encore à signaler les agressions en raison de la peur de la stigmatisation sociale, des pressions familiales ou du manque de confiance dans les procédures judiciaires.
La décision de la Cour suprême est aujourd’hui considérée comme l’un des jugements les plus importants rendus ces dernières années dans le pays en matière de lutte contre les violences sexuelles.
Au-delà du sort réservé aux deux condamnés, cette affaire a mis en lumière des questions plus larges concernant la protection des femmes, l’accès à la justice et les réformes nécessaires pour combattre les violences fondées sur le genre. Pour de nombreux observateurs, la portée symbolique de ce verdict dépasse largement le cadre d’une seule affaire criminelle et reflète l’évolution du débat national sur les droits des femmes au Pakistan.











