Au moins 17 migrants afghans, dont des femmes et des enfants, seraient morts de soif dans la région de Mak-Sukhteh, dans la zone frontalière de Rutak, à proximité de Saravan, dans la province iranienne du Sistan-et-Baloutchistan.
L’information a été rapportée par l’organisation de défense des droits humains Haalvsh, qui indique que le drame s’est produit jeudi 19 Sonbola. Selon cette organisation, les dépouilles ont été transférées vers la morgue de Khash, la capacité de la morgue de Saravan étant insuffisante.
Des vidéos publiées par Haalvsh montrent plusieurs personnes creusant des tombes dans un lieu qui n’a pas été identifié. L’organisation précise toutefois qu’elle n’est pas en mesure de confirmer indépendamment le nombre exact de victimes ni l’ensemble des circonstances du drame. Les recherches se poursuivent notamment pour établir l’identité des autres victimes et les conditions précises de leur décès.
Selon Haalvsh, cinq des victimes appartenaient à une même famille originaire de la province de Baghlan : une mère âgée de 45 ans et ses quatre filles, âgées de 22, 18, 16 et 14 ans. Des proches de cette famille résident à Saravan et une cérémonie funéraire devait être organisée dimanche.
L’organisation affirme également qu’au moins six enfants de moins de 14 ans figureraient parmi les autres victimes.
Des témoins et des proches ont déclaré que le groupe avait été confronté à une grave pénurie d’eau au cours de son trajet et que plusieurs personnes étaient mortes à faible distance les unes des autres.
Un proche cité par Haalvsh affirme par ailleurs que les hommes qui accompagnaient le groupe se seraient séparés des femmes et des enfants au milieu du trajet. Ces derniers auraient alors poursuivi leur route sans accès suffisant à l’eau.
Quatre jours après le drame, les familles des victimes seraient toujours confrontées aux difficultés liées à l’identification, au transfert et à l’inhumation des dépouilles. Le transfert des corps vers Khash illustre également les difficultés matérielles auxquelles peuvent être confrontées les familles après de tels incidents.
Si le bilan avancé par Haalvsh est confirmé, la mort simultanée d’au moins 17 migrants, parmi lesquels plusieurs enfants, constituerait l’un des drames les plus meurtriers récemment signalés sur les routes désertiques empruntées par des migrants afghans.
Cependant, en l’absence de vérifications et de preuves indépendantes suffisantes, le nombre définitif de victimes et les circonstances exactes de leur mort ne peuvent pas encore être établis avec certitude.
Ce drame met une nouvelle fois en évidence les dangers des itinéraires migratoires clandestins. Outre les risques d’arrestation, de violences et d’exploitation, les personnes qui traversent des zones désertiques isolées peuvent être exposées à un manque critique d’eau et de moyens de survie.
Pour les enfants et les personnes les plus vulnérables, quelques heures sans accès suffisant à l’eau peuvent rapidement devenir une question de vie ou de mort. Derrière le bilan annoncé se trouvent désormais des familles confrontées à une autre épreuve : identifier leurs proches et leur offrir une sépulture après un voyage qui devait les conduire vers une vie plus sûre.


















