Un ancien diplomate de l’Union européenne en Afghanistan estime qu’Al-Qaïda reste présente dans le pays, mais que ses capacités opérationnelles sont aujourd’hui trop limitées pour lui permettre, dans les conditions actuelles, d’infliger des dommages majeurs aux États-Unis ou à Israël.
Michael Semple, ancien diplomate européen en Afghanistan, a déclaré vendredi 11 septembre, dans une interview accordée à Afghanistan International, qu’Al-Qaïda ne disposait actuellement pas d’une capacité opérationnelle importante.
« À l’heure actuelle, Al-Qaïda n’a pas beaucoup de capacité pour nuire aux États-Unis ou à Israël », a-t-il déclaré dans l’émission « Discussion du jour ».
Semple a toutefois averti que la menace sécuritaire liée aux Taliban ne pouvait pas être écartée. Selon lui, leur contrôle du territoire afghan et leur présence dans un vaste réseau d’écoles religieuses leur donnent une capacité d’influence qui pourrait, dans certaines circonstances, représenter une menace plus importante que celle d’Al-Qaïda.
La présence de membres d’Al-Qaïda en Afghanistan reste depuis plusieurs années un sujet central des débats sur la sécurité du pays. Mais l’évaluation de Semple met l’accent sur une différence essentielle : la capacité opérationnelle actuelle d’Al-Qaïda ne serait pas comparable à celle d’une organisation disposant d’un contrôle territorial et de réseaux sociaux et éducatifs aussi étendus que ceux des Taliban.
Cette distinction élargit également la question de la menace provenant d’Afghanistan. Le risque ne dépend pas uniquement de la présence de groupes terroristes capables de mener des attaques internationales ; il peut aussi être lié à la manière dont un pouvoir contrôlant le territoire utilise ses institutions, ses réseaux sociaux et ses structures éducatives.
L’analyse de Semple ne signifie toutefois pas que les Taliban disposent nécessairement d’une capacité équivalente à celle d’un réseau terroriste international pour mener des attaques contre des cibles étrangères. Elle souligne plutôt une autre dimension du risque : le contrôle territorial et l’influence intérieure peuvent constituer une capacité stratégique différente de celle d’un groupe clandestin.
La question centrale reste donc celle de la transformation éventuelle de cette influence en capacité de violence, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Afghanistan. Cette évolution dépendrait notamment des relations internes des Taliban, de leurs liens avec des groupes armés et de leur environnement régional et international.
L’évaluation de Michael Semple replace ainsi le débat sur la sécurité afghane dans un cadre plus large : même si Al-Qaïda apparaît aujourd’hui affaiblie sur le plan opérationnel, la nature et l’ampleur de la menace liée à l’Afghanistan ne peuvent pas être mesurées uniquement par la présence ou l’absence d’un groupe terroriste.


















