L’Union européenne et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, ont annoncé le lancement d’un projet de 5 millions d’euros destiné à soutenir les agriculteurs et les entreprises du secteur agroalimentaire en Afghanistan.
Selon une déclaration publiée dimanche 13 septembre par l’UE et la FAO, le projet ciblera des ménages vulnérables, notamment des personnes revenues dans le pays, des déplacés internes et des communautés d’accueil. Les interventions concerneront des districts confrontés à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, aux risques climatiques et à des possibilités économiques limitées.
Le programme prévoit notamment la création de centres de conseil permettant aux agriculteurs d’accéder à des analyses climatiques et à des informations d’alerte précoce. L’objectif est de leur permettre d’adapter plus rapidement leurs décisions concernant la production et la commercialisation de leurs produits aux évolutions des conditions météorologiques.
Le projet comprend également la restauration de 2 000 hectares de forêts et de pâturages dégradés, ainsi que le soutien à 250 pépinières gérées par des femmes et des communautés locales.
Des subventions d’adaptation doivent par ailleurs être accordées à des entreprises du secteur agricole et agroalimentaire ainsi qu’à des activités respectueuses de l’environnement, afin de favoriser l’investissement et leur développement.
Nicola Bloom, nouveau chargé d’affaires de l’Union européenne pour l’Afghanistan, a déclaré que le soutien de l’UE à la FAO témoignait de son engagement continu en faveur de la sécurité alimentaire et de l’autonomisation économique de la population afghane.
Il a estimé que le potentiel agricole de l’Afghanistan reste largement sous-exploité et que la forte vulnérabilité du pays au changement climatique constitue l’un des principaux obstacles à la valorisation de ce potentiel.
Richard Trenchard, représentant de la FAO en Afghanistan, a pour sa part indiqué que l’organisation évoluait progressivement de programmes principalement humanitaires vers des approches plus durables. Selon lui, les entreprises agricoles et agroalimentaires afghanes disposent, malgré les difficultés actuelles, d’un potentiel de croissance, de création d’emplois et de rapprochement entre les agriculteurs et les marchés.
« Lorsque les agriculteurs peuvent produire avec confiance, que les entreprises se développent et que les produits atteignent les marchés, l’agriculture devient un puissant moteur de relèvement et de résilience », a-t-il déclaré.
L’importance de ce projet tient notamment au fait que l’agriculture afghane doit faire face simultanément aux difficultés économiques, à l’insécurité alimentaire et à une vulnérabilité croissante aux sécheresses, aux changements météorologiques et à d’autres risques climatiques.
Le programme ne se limite donc pas à transférer des ressources aux agriculteurs. Il cherche aussi à renforcer les capacités de production, l’accès aux marchés et l’adaptation du secteur agricole aux changements climatiques.
S’il parvient à stimuler durablement l’investissement privé, la production agricole et l’accès des agriculteurs aux marchés, le projet pourrait contribuer à réduire la dépendance de certaines familles rurales à l’aide humanitaire. Mais son impact réel dépendra de la mise en œuvre sur le terrain, de l’accès effectif des ménages vulnérables aux dispositifs prévus et de la capacité des entreprises locales à poursuivre leurs activités après la fin des financements.
L’enjeu sera ainsi de transformer ces 5 millions d’euros en capacités économiques durables plutôt qu’en soutien temporaire. Dans un pays où l’agriculture reste essentielle aux revenus et à l’emploi ruraux, la réussite du programme pourrait avoir des effets bien au-delà de la seule sécurité alimentaire.


















