Les autorités talibanes affirment avoir franchi une nouvelle étape dans leur stratégie de développement économique en annonçant la signature de 50 protocoles d’accord d’une valeur totale d’un milliard de dollars lors du cinquième Salon international de l’industrie et des mines. Cette annonce intervient toutefois au moment où les Nations unies dressent un constat beaucoup plus réservé sur les perspectives d’investissement en Afghanistan.
Lors de la cérémonie de clôture de l’événement, mardi, le ministre taliban de l’Industrie et du Commerce, Nooruddin Azizi, a déclaré que ces accords avaient été conclus entre des entreprises privées afghanes et des sociétés étrangères, notamment iraniennes. Il a également annoncé plusieurs mesures destinées à soutenir le secteur industriel, parmi lesquelles une réduction des droits de douane sur les machines industrielles, un projet de baisse de l’impôt sur les bénéfices de 20 % à 10 % et une exonération fiscale de cinq ans pour les nouvelles industries.
Le ministre a en outre appelé les industriels à installer leurs usines dans les zones autorisées, à éviter toute concurrence qu’il a qualifiée de « déloyale » et à fixer leurs prix en fonction des conditions du marché.
Malgré ces annonces, le ministère taliban n’a publié ni la liste des entreprises étrangères concernées, ni les détails des projets, ni le calendrier de leur mise en œuvre, ni la valeur individuelle des protocoles d’accord. En l’absence de ces informations, il demeure impossible d’évaluer la portée concrète ou le degré d’engagement de ces accords, qui ne constituent pas nécessairement des contrats d’investissement définitifs.
Cette communication intervient alors que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié un rapport estimant que les autorités talibanes n’ont pas réussi à attirer des investissements nationaux et étrangers significatifs. Selon le PNUD, les restrictions imposées par les autorités, combinées à l’instabilité financière et aux incertitudes réglementaires, continuent de décourager les investisseurs et de fragiliser le secteur privé afghan.
La juxtaposition de ces deux évaluations met en évidence le contraste entre le discours officiel des autorités talibanes, qui mettent en avant des promesses d’investissement et des incitations fiscales, et l’analyse des Nations unies, qui souligne que les obstacles politiques, juridiques et économiques continuent de limiter les perspectives d’une reprise économique durable en Afghanistan.


















