L’ancien président afghan Ashraf Ghani a averti que Kaboul se dirige vers une crise hydrique sans précédent, estimant que la capitale pourrait devenir la première au monde à manquer d’eau si aucune mesure urgente n’est prise. Dans un podcast diffusé jeudi, il a affirmé que les projets destinés à sécuriser l’approvisionnement en eau de la ville étaient prêts sous son administration, mais qu’ils n’ont jamais été mis en œuvre.
Évoquant la gravité de la situation, Ashraf Ghani a cité le proverbe persan « L’eau est dans la cruche, mais nous mourons de soif », avant d’ajouter que l’absence de consensus national, le rejet d’une paix durable et la mise à l’écart de l’intérêt national avaient empêché la réalisation de ces projets.
Selon plusieurs spécialistes, la crise actuelle résulte d’une combinaison de facteurs : urbanisation rapide, constructions non planifiées, bétonisation massive, multiplication des forages de puits profonds, insuffisance des réseaux d’assainissement et forte croissance démographique. Ensemble, ces phénomènes exercent une pression croissante sur les réserves d’eau souterraine de Kaboul.
Le Groupe international de crise a récemment averti que, si la tendance actuelle se poursuit, les nappes phréatiques de Kaboul pourraient être largement épuisées d’ici à 2030. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants constatent déjà une baisse importante du niveau des puits.
L’expert environnemental Kazem Homayoun estime que Kaboul est passée, en moins de trente ans, d’une ville disposant de ressources relativement stables à l’une des capitales les plus vulnérables de la région face au stress hydrique. Selon lui, si aucune mesure corrective n’est prise, plusieurs quartiers, notamment Dasht-e Barchi, Karteh-4, Khwaja Rawash, Taimani, Sherkat, Deh Afghanan et Shahr-e Naw, pourraient connaître un assèchement généralisé des puits avant 2030, voire plus tôt.
Les spécialistes soulignent également que cette crise dépasse largement la seule capitale afghane. Les villes de Hérat et de Mazar-e-Charif sont elles aussi confrontées à une diminution progressive de leurs ressources en eau souterraine, faisant de la gestion de l’eau l’un des principaux défis environnementaux et humanitaires auxquels l’Afghanistan devra faire face dans les années à venir.


















