L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a averti jeudi que les régions dévastées par les récents séismes au Venezuela font désormais face à une grave menace sanitaire. Selon l’organisation, la pénurie d’eau potable, la promiscuité dans les centres d’hébergement temporaires, les perturbations des services médicaux et la diminution de la couverture vaccinale créent des conditions propices à la propagation des maladies infectieuses.
Le directeur de l’OPS, Jarbas Barbosa, a indiqué que les principaux risques dans les semaines à venir concerneraient les maladies respiratoires, les infections gastro-intestinales et d’autres maladies transmissibles. Il a souligné que la combinaison du manque d’eau salubre et de la forte concentration de personnes dans les camps constitue un facteur aggravant majeur.
Les Nations unies ont annoncé le déploiement d’équipes spécialisées chargées d’apporter un soutien psychosocial, en particulier aux femmes et aux enfants touchés par la catastrophe. De son côté, l’OPS, en coordination avec le ministère vénézuélien de la Santé, a renforcé la surveillance épidémiologique ainsi que les services médicaux d’urgence dans les zones sinistrées.
Ciro Ugarte, directeur des urgences sanitaires de l’OPS, a rappelé que le système de santé vénézuélien reste fortement fragilisé après des années de crise économique et par le départ massif de professionnels de santé. Selon lui, plusieurs établissements, initialement non conçus pour gérer des situations d’urgence, ont dû être adaptés pour accueillir les blessés. Il a toutefois précisé que l’arrivée d’aides internationales, le déploiement de personnels médicaux supplémentaires et l’installation d’hôpitaux de campagne avaient permis d’améliorer progressivement la prise en charge des victimes.
Armando De Negri, représentant de l’OPS au Venezuela, a indiqué que 300 victimes dans l’État de La Guaira, la région la plus durement touchée, avaient été enterrées sans identification. Il a précisé que leurs données et échantillons génétiques avaient été conservés afin de permettre une éventuelle identification ultérieure.
Les autorités vénézuéliennes font état de 3 889 morts, plus de 16 740 blessés et près de 17 900 personnes déplacées après les séismes de magnitude 7,2 et 7,5 survenus le 24 juin. Plus de 80 centres d’hébergement accueillent désormais les sinistrés, principalement dans l’État de La Guaira et dans certaines zones de Caracas.
Ces séismes figurent parmi les catastrophes naturelles les plus meurtrières de l’histoire récente du Venezuela. Des milliers d’habitations, d’écoles, d’hôpitaux, de routes et d’infrastructures publiques ont été détruits ou gravement endommagés. Les Nations unies ont lancé un appel de fonds de 300 millions de dollars pour répondre aux besoins humanitaires les plus urgents. Par ailleurs, l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) estime que le bilan humain pourrait dépasser les 10 000 morts, ce qui placerait cette catastrophe parmi les séismes les plus meurtriers qu’ait connus l’Amérique latine au cours du siècle dernier.


















