Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a vivement critiqué la politique du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, estimant qu’elle représente une menace non seulement pour la Turquie, mais aussi pour Israël lui-même, la stabilité du Moyen-Orient et la sécurité internationale.
Dans un entretien accordé au quotidien The National, publié à Abou Dhabi, Hakan Fidan a déclaré que les décisions du gouvernement israélien avaient des conséquences dépassant largement le cadre des relations bilatérales entre Ankara et Tel-Aviv. Selon lui, la poursuite de cette politique accroît les risques d’instabilité régionale et compromet les perspectives de sécurité à l’échelle internationale.
Le chef de la diplomatie turque a toutefois écarté la possibilité que les tensions verbales entre la Turquie et Israël débouchent sur une confrontation militaire directe. Il a affirmé que le président Recep Tayyip Erdoğan était un « dirigeant de paix et de sagesse » et qu’il ne permettrait pas à son pays d’être entraîné dans des actions de nature provocatrice.
Hakan Fidan a également estimé que les dirigeants européens étaient conscients des risques liés à la politique israélienne, mais qu’ils n’avaient pas encore trouvé de stratégie efficace pour y répondre. Il a en outre averti que toute tentative de déstabiliser le processus de transition en Syrie pourrait entraîner des conséquences importantes pour l’ensemble de la région.
Évoquant la guerre à Gaza, le ministre turc a regretté que l’attention de la communauté internationale se soit en partie détournée de ce conflit en raison des récents développements dans le Golfe. Il a appelé à un renforcement de la pression internationale sur Israël afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations palestiniennes.
Hakan Fidan a également mis en avant le rôle de médiateur que la Turquie cherche à jouer dans plusieurs crises régionales. Selon lui, la connaissance des acteurs locaux et des dynamiques de conflit place Ankara dans une position favorable pour contribuer aux efforts de désescalade.
En conclusion, le ministre turc a insisté sur la nécessité de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les États. Il a observé que l’Iran considère les groupes armés qui lui sont alliés comme un élément de sa stratégie de sécurité, tandis qu’Israël justifie également certaines de ses actions territoriales par des considérations sécuritaires.


















