Deux hauts responsables des Nations unies ont appelé les pays occidentaux à maintenir un dialogue constructif avec l’Afghanistan, estimant qu’un isolement du pays risquerait d’aggraver l’instabilité régionale et d’avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières. Leur appel intervient alors que les approches des gouvernements occidentaux à l’égard des autorités talibanes demeurent profondément divergentes.
S’exprimant auprès de l’Associated Press à l’occasion de leur visite en Afghanistan, Barham Saleh, haut responsable des Nations unies pour les réfugiés, et Alexander De Croo, président du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ont affirmé qu’un engagement, un soutien ciblé et l’encouragement de politiques appropriées pouvaient contribuer à renforcer la sécurité et la stabilité du pays.
Barham Saleh a rappelé que l’expérience des dernières années montre qu’ignorer l’Afghanistan n’est pas une solution viable. Selon lui, une aggravation de l’instabilité pourrait favoriser le trafic de stupéfiants, l’extrémisme, la criminalité organisée ainsi que de nouveaux mouvements de réfugiés, avec des conséquences susceptibles d’affecter l’ensemble de la région et au-delà.
Les deux responsables ont également indiqué avoir évoqué avec les autorités talibanes les préoccupations persistantes de la communauté internationale concernant les restrictions imposées aux femmes et aux filles, notamment l’interdiction de l’enseignement secondaire et supérieur pour les filles ainsi que les limitations frappant l’emploi des femmes. Ils estiment qu’un dialogue continu pourrait favoriser des réformes progressives et encourager une gouvernance plus inclusive.
Selon eux, une rupture des contacts avec l’Afghanistan entraînerait un coût plus élevé pour la communauté internationale. « On ne peut pas ignorer l’Afghanistan ; ce qui s’y passe ne reste pas nécessairement en Afghanistan », a déclaré Barham Saleh.
Ces déclarations interviennent alors que les pays occidentaux restent divisés sur leur politique envers les autorités talibanes. Certains privilégient des contacts limités afin de faciliter l’aide humanitaire, de traiter des questions techniques et d’éviter un effondrement économique. D’autres gouvernements et plusieurs responsables politiques estiment toutefois qu’un renforcement des relations sans avancées concrètes en matière de droits humains, en particulier des droits des femmes et des filles, risquerait de conférer une légitimité internationale aux autorités talibanes.


















