Les autorités talibanes ont rejeté les accusations du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, selon lesquelles des groupes armés utiliseraient le territoire afghan pour mener des attaques dans les provinces pakistanaises du Baloutchistan et du Khyber Pakhtunkhwa. Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a qualifié ces affirmations de « sans fondement » et a averti que leur répétition risquait d’aggraver les tensions entre Kaboul et Islamabad.
Dans un message audio diffusé vendredi, Zabihullah Mujahid a déclaré que les autorités talibanes n’autorisent aucune organisation étrangère à mener des activités militaires depuis l’Afghanistan. Il a estimé que ces accusations ne contribueraient qu’à détériorer davantage les relations déjà fragiles entre les deux pays voisins.
Cette réaction intervient au lendemain des déclarations de Shehbaz Sharif devant le Comité suprême chargé de la mise en œuvre du Plan d’action national, réuni à Quetta. Le chef du gouvernement pakistanais a affirmé que des « terroristes basés en Afghanistan » menaient des attaques coordonnées contre le Baloutchistan et le Khyber Pakhtunkhwa.
Le Premier ministre pakistanais a également accusé l’Inde de soutenir financièrement et militairement des groupes armés opérant contre le Pakistan. Il a assuré que les autorités politiques et militaires poursuivraient leurs opérations jusqu’à l’élimination complète de ces organisations.
Les déclarations de Shehbaz Sharif interviennent après plusieurs attaques meurtrières au Baloutchistan. Les autorités pakistanaises indiquent que plusieurs membres des forces de sécurité et des civils ont été tués, tandis que les opérations menées en réponse auraient entraîné la mort de 54 assaillants.
Depuis le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, Islamabad accuse régulièrement Kaboul d’abriter des membres du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et d’autres groupes armés. Les autorités talibanes rejettent systématiquement ces accusations.
La question de la présence présumée du TTP en Afghanistan demeure l’un des principaux points de friction entre les deux voisins. Au cours des dernières années, le Pakistan a mené plusieurs frappes aériennes sur le territoire afghan en affirmant viser des positions du TTP, tandis que les talibans ont, à plusieurs reprises, riposté en visant des positions militaires pakistanaises le long de la frontière. Cette succession d’incidents a conduit les relations entre Kaboul et Islamabad à l’un de leurs niveaux de tension les plus élevés depuis le retour des talibans au pouvoir.


















