Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix et militante pour le droit à l’éducation des filles, a vivement critiqué la décision de l’Union européenne d’inviter une délégation talibane à Bruxelles.
Dans un message publié lundi sur le réseau social X, Malala a déclaré être « profondément choquée » par cette initiative. Elle a rappelé que les personnes invitées représentent un groupe qui a interdit aux filles afghanes l’accès à l’enseignement au-delà de la sixième année et imposé de nombreuses restrictions aux femmes.
La militante a également évoqué les récents événements survenus à Hérat, affirmant que des dizaines de femmes y auraient été arrêtées ces dernières semaines en raison de leur tenue vestimentaire.
« Ce sont les mêmes Talibans qui ont arrêté, battu et torturé des femmes simplement parce qu’elles osaient s’exprimer ou refusaient de se soumettre à leurs règles », a-t-elle écrit.
La Commission européenne a confirmé avoir invité une délégation talibane à participer à des discussions techniques portant sur le retour en Afghanistan de migrants afghans condamnés pour des crimes ou dont les demandes d’asile ont été rejetées.
Les responsables européens ont insisté sur le caractère strictement technique de ces échanges, affirmant qu’ils ne constituent pas une reconnaissance officielle des Talibans comme gouvernement légitime de l’Afghanistan.
Malgré ces assurances, l’invitation a suscité de nombreuses réactions parmi les organisations de défense des droits humains, les militantes afghanes, des membres de la société civile ainsi que plusieurs responsables politiques européens.
Les critiques estiment que la participation des Talibans à des réunions officielles au sein des institutions européennes pourrait être perçue comme une forme de légitimation politique, alors que les restrictions imposées aux femmes, aux filles et aux opposants continuent de faire l’objet de vives préoccupations internationales.
La réunion doit se tenir mardi à Bruxelles et portera principalement sur les questions liées au retour des migrants afghans depuis plusieurs pays européens.
Du point de vue de Nimruz TV, cette controverse illustre le dilemme auquel sont confrontés les gouvernements européens : gérer les questions migratoires et les relations pratiques avec les autorités de facto en Afghanistan tout en évitant toute démarche pouvant être interprétée comme une reconnaissance politique des Talibans.



















