Le safran de Hérat, souvent surnommé « l’or rouge de l’Afghanistan », poursuit son ascension sur les marchés internationaux et confirme son statut de produit phare des exportations afghanes.
Selon les données de la Chambre de commerce et d’investissement de Hérat, plus de 22 tonnes de safran ont été exportées au cours des neuf premiers mois de 2025, générant plus de 30 millions de dollars de revenus.
Cette performance représente une hausse d’environ 10 % par rapport à la même période de l’année précédente, signe d’une demande internationale soutenue pour ce produit agricole à forte valeur ajoutée.
Les principaux marchés d’exportation comprennent l’Europe, les États-Unis, les pays du Golfe et l’Asie centrale. L’Inde, l’Espagne, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, le Canada et la Turquie figurent parmi les principaux acheteurs du safran afghan.
Au fil des années, le safran afghan s’est imposé comme l’un des produits agricoles les plus prestigieux du pays. Sa couleur intense, son arôme caractéristique et sa pureté lui ont permis de remporter à plusieurs reprises des distinctions internationales.
L’Institut international du goût de Belgique a notamment classé à plusieurs reprises le safran afghan parmi les meilleurs au monde, renforçant sa réputation auprès des consommateurs et des importateurs internationaux.
La province de Hérat demeure le cœur de cette industrie. Les districts de Ghorian, Guzara, Injil et Pashtun Zarghun accueillent chaque année des milliers d’agriculteurs et de travailleurs saisonniers lors de la récolte des fleurs de safran.
Les statistiques disponibles indiquent qu’environ 12 000 hectares de terres sont consacrés à cette culture en Afghanistan, dont plus de 10 500 hectares dans la seule province de Hérat.
Au-delà de son importance économique, le safran joue également un rôle social majeur. Des milliers de femmes participent à la récolte, au tri et à la transformation initiale du produit. Dans de nombreuses familles rurales, les revenus générés par cette activité constituent une source essentielle de subsistance.
Cependant, malgré les succès enregistrés à l’exportation, plusieurs défis continuent de freiner le développement du secteur.
Les producteurs évoquent les effets du changement climatique, la concurrence croissante sur les marchés internationaux, les faiblesses du marketing et l’absence d’une marque nationale forte capable de promouvoir pleinement l’identité du safran afghan.
Nafisa Danish, présidente de l’Union du safran de Hérat, souligne qu’une partie de la production est achetée par des négociants étrangers puis revendue sous les marques d’autres pays.
« Une partie du safran afghan est commercialisée à l’étranger sous d’autres noms, ce qui empêche l’Afghanistan de bénéficier pleinement de sa réputation internationale », explique-t-elle.
Au-delà des chiffres, la progression des exportations témoigne de la capacité de certains secteurs agricoles afghans à se développer malgré un environnement économique difficile. Le safran représente aujourd’hui l’un des rares produits capables de combiner création d’emplois, revenus d’exportation et valorisation de l’image du pays à l’étranger.
Pour de nombreux observateurs, l’avenir du secteur dépendra désormais de la capacité de l’Afghanistan à renforcer sa stratégie de commercialisation, protéger son identité de marque et transformer sa reconnaissance mondiale en bénéfices économiques durables pour les producteurs locaux.


















