Le gouvernement iranien appelle les pays du monde à refuser l’application des sanctions unilatérales américaines, alors que Washington cherche à renforcer la pression économique exercée sur Téhéran et à limiter ses relations commerciales avec des acteurs étrangers.
Dans un communiqué publié vendredi 28 août, le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié de « terrorisme d’État » la nouvelle campagne américaine baptisée « Opération d’exclusion économique ». Téhéran affirme que ces nouvelles mesures sont contraires à la Charte des Nations unies et aux principes du droit international.
Le ministère iranien accuse également les États-Unis d’utiliser la place du dollar dans le système financier mondial pour faire pression sur d’autres pays et les pousser à réduire leurs relations économiques avec l’Iran.
Selon Téhéran, cette politique constitue une atteinte à la souveraineté nationale des États ainsi qu’au principe d’égalité souveraine. Le gouvernement iranien demande donc aux autres pays de ne pas reconnaître les effets des sanctions américaines et de ne pas participer à leur mise en œuvre.
Les autorités iraniennes ont également invoqué plusieurs résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies relatives à la non-ingérence dans les affaires intérieures des États et aux principes des relations amicales entre les pays. Elles ont critiqué ce qu’elles présentent comme la « complaisance » de l’ONU et de ses États membres face aux actions des États-Unis et d’Israël.
Le ministère iranien des Affaires étrangères décrit les nouvelles mesures américaines comme une poursuite de la « guerre économique » contre l’Iran et affirme qu’elles visent à accroître la pression économique et à affecter la population iranienne.
Cette réaction intervient après l’annonce, lundi 24 août, par les États-Unis du lancement d’une nouvelle campagne contre la République islamique, baptisée « Opération d’exclusion économique ».
L’objectif annoncé par Washington est d’accroître la pression sur les relations économiques de l’Iran avec d’autres pays, notamment par la menace de sanctions secondaires et par la limitation de l’accès au système financier américain.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également écrit au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, pour demander une réaction de l’organisation et de ses États membres. Il a attribué aux États-Unis la responsabilité des conséquences des sanctions unilatérales.
Angle spécifique de Nimruz
L’enjeu ne réside pas uniquement dans l’augmentation du nombre de sanctions. La stratégie américaine cherche surtout à accroître le coût de toute coopération économique avec l’Iran pour les entreprises, les banques et les pays qui dépendent du système financier américain.
La réaction de Téhéran vise donc directement les pays tiers. L’Iran cherche à les convaincre de ne pas appliquer les restrictions américaines, ce qui pourrait transformer les sanctions bilatérales entre Washington et Téhéran en un problème plus large touchant les échanges économiques internationaux.
Analyse finale
L’efficacité de cette nouvelle campagne américaine dépendra moins du nombre de mesures annoncées que de la capacité de Washington à convaincre les banques, les entreprises et les gouvernements étrangers de les respecter.
Pour Téhéran, l’enjeu central sera de préserver ses circuits d’exportation, notamment pour le pétrole, son commerce extérieur et son accès aux ressources financières.
Si les sanctions secondaires parviennent à réduire davantage la coopération économique internationale avec l’Iran, la pression sur son économie pourrait s’accentuer. À l’inverse, si Téhéran parvient à maintenir des circuits commerciaux et financiers alternatifs suffisamment solides, l’impact de la nouvelle campagne américaine pourrait être limité.
La confrontation entre Washington et Téhéran entre ainsi dans une phase où la bataille ne se joue plus seulement entre les deux gouvernements, mais aussi autour de la décision des autres pays de se conformer — ou non — aux restrictions américaines.


















