Les négociations nucléaires avec l’Iran sont actuellement à l’arrêt et pourraient rester reléguées au second plan tant que la situation dans le détroit d’Ormuz ne sera pas clarifiée, selon Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Dans un entretien accordé au quotidien argentin Clarín, Grossi a déclaré que l’uranium iranien se trouvait « essentiellement au même endroit » que lors de la guerre de douze jours.
Le directeur général de l’AIEA a indiqué que les installations nucléaires iraniennes avaient subi d’importants dommages. Une partie des infrastructures pourrait avoir commencé à être reconstruite, mais l’Agence ne dispose pas, selon lui, de preuves solides permettant de confirmer cette évolution.
Grossi a souligné que le dossier nucléaire iranien demeurait l’un des principaux problèmes non résolus et que l’AIEA était prête à reprendre ses activités en Iran dans les meilleurs délais.
L’Agence reste en contact avec les États-Unis et la République islamique d’Iran. Toutefois, selon Grossi, les autorités iraniennes ont fait savoir à l’AIEA qu’aucune avancée sur le dossier nucléaire ne serait possible tant que le cadre général des négociations n’aurait pas changé.
Le directeur général de l’AIEA a également laissé entendre que l’avenir du dossier nucléaire ne dépendait plus uniquement des questions techniques liées au programme atomique iranien. Les développements sécuritaires et politiques au Moyen-Orient pèsent désormais directement sur la possibilité de relancer les discussions.
Le détroit d’Ormuz occupe une place particulière dans cette équation. Cette voie maritime stratégique est essentielle au transport mondial d’énergie et toute nouvelle instabilité pourrait affecter à la fois la sécurité régionale, les marchés énergétiques et les calculs politiques des parties engagées dans les négociations.
L’élément le plus important des déclarations de Grossi reste toutefois le manque d’informations dont dispose actuellement l’AIEA sur l’état du programme nucléaire iranien après les dommages subis par plusieurs installations. L’absence d’un accès complet et d’informations suffisantes complique l’évaluation précise de la situation des matières nucléaires et rend le rétablissement de la surveillance internationale particulièrement urgent.
L’analyse de Nimruz est donc que le dossier nucléaire iranien se trouve désormais à l’intersection de deux crises : une crise de vérification, liée au manque d’accès de l’AIEA, et une crise sécuritaire régionale, notamment autour du détroit d’Ormuz.
Tant que l’accès de l’AIEA aux installations et aux matières nucléaires iraniennes ne sera pas rétabli et que la situation sécuritaire régionale restera incertaine, le dossier nucléaire demeurera fragile. Cette incertitude pourrait compliquer la diplomatie avec Téhéran tout en augmentant les risques pour la stabilité du Moyen-Orient.


















