L’Iran accuse les États-Unis d’avoir frappé une habitation à Kohestak, dans la région de Sirik, alors qu’une famille y célébrait un mariage, et affirme que plus de 50 personnes ont été tuées ou blessées. Téhéran reproche également à plusieurs gouvernements et organisations internationales de garder le silence ou de justifier les frappes, avertissant que leur banalisation pourrait favoriser une nouvelle escalade.
Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a formulé ces accusations mercredi 2 septembre dans un message publié sur le réseau social X.
Selon Baghaei, la frappe a touché une maison résidentielle au moment où des familles étaient réunies pour célébrer un mariage à Kohestak, dans la région de Sirik. Il affirme que plus de 50 hommes, femmes et enfants ont été tués ou blessés.
Ces informations sur les victimes proviennent des autorités iraniennes et n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante à ce stade.
Baghaei a déclaré : « Plus dangereux qu’une bombe, c’est la banalisation des bombardements ; plus dangereux que le silence, c’est de transformer le silence en légitimité. »
Le porte-parole iranien a également rejeté l’idée que le silence face à de telles frappes puisse être considéré comme une position neutre. Il a critiqué les gouvernements et les organisations internationales qui, selon lui, restent silencieux face aux opérations américaines contre l’Iran ou cherchent à les justifier.
« Fermer les yeux sur l’injustice ne la contient pas ; cela ne fait que rendre ses auteurs plus audacieux », a-t-il ajouté.
Baghaei a par ailleurs averti que l’Iran répondrait à ce qu’il a qualifié de « crimes odieux ».
Cette déclaration intervient alors que les affrontements entre l’Iran et les États-Unis font craindre une extension du conflit à d’autres zones de la région. Les éventuelles victimes civiles constituent désormais un enjeu politique majeur, car chaque nouvelle frappe peut accroître la pression exercée sur les gouvernements et les organisations internationales pour qu’ils se prononcent sur la légalité et les conséquences des opérations militaires.
Pour Téhéran, l’enjeu ne se limite donc plus à condamner une frappe particulière. Le gouvernement iranien cherche à présenter la réaction internationale comme un élément pouvant influencer la poursuite des opérations militaires. Cette stratégie vise à faire du coût politique des frappes contre des zones civiles un facteur supplémentaire dans les calculs des parties au conflit.
Toutefois, la portée de ces accusations dépendra largement de la vérification indépendante des circonstances de la frappe et du bilan des victimes. Sans confirmation extérieure, les chiffres avancés par les autorités iraniennes doivent rester présentés comme des allégations.
Si la présence de civils et l’ampleur des victimes rapportées sont confirmées, la pression sur les parties au conflit pour expliquer leurs objectifs militaires et démontrer le respect du droit international humanitaire pourrait fortement augmenter.
La déclaration de Baghaei montre surtout que le conflit se joue désormais sur deux fronts : sur le terrain militaire, mais aussi dans la bataille politique autour des victimes civiles et de la légitimité des opérations. Si les frappes se poursuivent et que les pertes civiles augmentent, le risque ne sera pas seulement une nouvelle escalade militaire ; ce sera aussi l’érosion des conditions nécessaires à une reprise de la diplomatie.


















