Le président iranien Masoud Pezeshkian affirme que Téhéran est prêt à reprendre l’application du mémorandum d’Islamabad si les États-Unis reviennent à leurs engagements. Cette position maintient ouverte la voie diplomatique, mais montre surtout que l’Iran conditionne désormais toute reprise du processus à des mesures concrètes de Washington.
Pezeshkian a tenu ces propos mardi 1er septembre à Bichkek, capitale du Kirghizistan, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai.
Selon le président iranien, le mémorandum d’Islamabad, conclu en juin avec la médiation du Pakistan et de plusieurs acteurs régionaux, n’a été appliqué que pendant moins de deux semaines avant que les tensions ne reprennent.
« Si les États-Unis reviennent à leurs engagements dans le mémorandum d’entente, la République islamique d’Iran agira immédiatement de manière réciproque », a déclaré Pezeshkian.
Le mémorandum signé en juin prévoyait notamment l’arrêt des opérations militaires, la levée progressive du blocus naval américain contre l’Iran, la sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz et l’ouverture de négociations en vue d’un accord définitif. Il prévoyait également un cadre destiné à maintenir le statu quo concernant le programme nucléaire iranien pendant les négociations.
Depuis, Washington et Téhéran se sont accusés mutuellement de ne pas respecter leurs engagements. Le Pakistan, qui a joué un rôle de médiateur, continue de défendre la mise en œuvre du mémorandum par les deux parties comme une voie possible vers une sortie diplomatique de la crise.
Les déclarations de Pezeshkian interviennent également après de nouvelles tensions autour du détroit d’Ormuz. Une frappe américaine sur l’île iranienne de Larak a été rapportée, tandis que l’Iran a annoncé des attaques contre deux bases américaines en Jordanie. Ces événements ont ravivé les tensions après une période d’accalmie de plus d’un mois.
Le président iranien avait déjà adopté une position similaire ces dernières semaines, en appelant à la reprise de l’application du mémorandum et en insistant sur la nécessité de résoudre les différends par le dialogue plutôt que par la guerre.
Mais le message envoyé par Téhéran dépasse une simple déclaration de disponibilité pour négocier. En exigeant que Washington respecte d’abord ses engagements, l’Iran cherche à faire de la réciprocité et de la vérifiabilité des engagements la condition centrale d’une nouvelle étape diplomatique.
Cette position pourrait également redonner au Pakistan un rôle important. Islamabad a contribué à la conclusion du mémorandum et pourrait être appelé à faciliter de nouveau les contacts si Washington et Téhéran tentent de rétablir le mécanisme prévu par l’accord.
L’enjeu est d’autant plus important que le dossier dépasse désormais les seules relations entre l’Iran et les États-Unis. La situation du détroit d’Ormuz touche directement la sécurité maritime régionale et les marchés de l’énergie, tandis que l’évolution du dossier nucléaire iranien reste liée aux questions de contrôle et de confiance entre Téhéran et les puissances internationales.
La prochaine étape dépendra donc moins des déclarations politiques que de la capacité des deux parties à mettre en place un mécanisme de confiance fondé sur des engagements concrets et vérifiables. Pour Washington, cela signifierait accepter certaines mesures prévues par le mémorandum ; pour Téhéran, il faudrait également démontrer sa volonté de respecter les engagements réciproques.
La déclaration de Pezeshkian ne signifie ainsi pas que les négociations ont déjà repris. Elle montre plutôt que la porte diplomatique reste entrouverte, mais que son ouverture complète dépendra désormais d’une question fondamentale : Washington et Téhéran sont-ils capables de transformer leurs engagements en actes suffisamment vérifiables pour éviter un nouvel échec du processus ?


















