Une large majorité des électeurs américains estime que Washington doit respecter ses engagements envers les Afghans ayant travaillé aux côtés des forces américaines, selon les résultats d’un nouveau sondage. Le niveau de soutien est nettement supérieur à celui exprimé pour l’accueil des Afghans en général, révélant une distinction importante dans l’opinion publique américaine.
Selon cette enquête, 84 % des électeurs américains considèrent que les États-Unis doivent rester fidèles à leur engagement de protéger les Afghans ayant collaboré avec les forces américaines ainsi que leurs familles.
Le soutien varie toutefois selon le profil des personnes concernées. Alors que 52 % des participants soutiennent globalement l’accueil d’Afghans aux États-Unis, ce taux atteint 71 % lorsqu’il s’agit de personnes ayant travaillé directement avec les forces américaines comme interprètes, journalistes, contractants ou agents de sécurité.
Le sondage montre également un soutien important à la reprise des programmes de réinstallation pour les Afghans dont les dossiers ont déjà été approuvés. Cette proposition recueille 76 % d’avis favorables.
Par ailleurs, 73 % des électeurs souhaitent que les alliés afghans des forces américaines puissent rester aux États-Unis jusqu’à ce que leur situation soit définitivement examinée.
La réunification familiale bénéficie également d’un large soutien : 78 % des personnes interrogées se disent favorables à ce que les membres des familles puissent rejoindre des citoyens américains et des militaires américains concernés.
Enfin, 72 % soutiennent la création d’un programme permanent destiné à protéger les alliés des États-Unis dans les conflits futurs.
Ces résultats interviennent alors que l’accueil des Afghans aux États-Unis reste soumis à des restrictions et que le sort de nombreuses personnes ayant travaillé avec les forces américaines dépend encore des décisions de Washington en matière d’immigration et de réinstallation.
Angle spécifique de Nimruz
Le principal enseignement de ce sondage réside dans la différence entre l’accueil des Afghans en général et la protection de ceux dont le lien avec la mission américaine est clairement établi.
Le soutien passe de 52 % pour l’accueil des Afghans en général à 71 % pour les personnes ayant travaillé directement avec les forces américaines. Cette différence suggère que, pour une partie importante de l’opinion américaine, la nature de la relation avec les États-Unis constitue un critère essentiel lorsqu’il s’agit de déterminer la responsabilité de Washington.
Autrement dit, le soutien public ne disparaît pas lorsque la question devient plus précise. Il augmente au contraire lorsque les personnes concernées sont identifiées comme d’anciens alliés de la mission américaine.
Analyse finale
L’écart entre l’opinion publique et les politiques d’admission pourrait devenir un enjeu politique aux États-Unis si les restrictions persistent alors qu’une majorité d’électeurs soutient la protection des alliés afghans.
La question dépasse également le dossier afghan. La crédibilité des engagements américains envers les partenaires locaux dans de futurs conflits pourrait être affectée par la manière dont Washington traite ceux qui ont travaillé avec ses forces après leur retrait.
Le véritable test sera donc de savoir si ce soutien de l’opinion publique se traduit par des décisions concrètes. Pour les alliés afghans dont les dossiers restent en attente, le débat ne porte plus seulement sur l’immigration : il porte aussi sur la portée réelle de la promesse américaine faite à ceux qui ont pris des risques aux côtés des États-Unis.


















