Hannah Neumann, députée au Parlement européen, a vivement réagi à la décision des Talibans d’interdire l’utilisation des smartphones dans les administrations publiques afghanes, estimant que cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de contrôle de l’information et d’isolement de la société afghane.
Dans un message publié vendredi sur le réseau social X, l’élue allemande a affirmé que les Talibans sont conscients que la diffusion d’images et de vidéos montrant les manifestations de femmes, les violations des droits humains et les conséquences de leurs politiques affaiblit leur capacité à contrôler la population.
Selon elle, cette interdiction vise à limiter la circulation de l’information, à dissimuler les actes de répression et à réduire au silence les voix critiques.
Hannah Neumann a également déclaré que les régimes autoritaires apprennent les uns des autres et comprennent parfaitement que le contrôle de l’information constitue un instrument essentiel de maintien du pouvoir.
La députée européenne a appelé les institutions de l’Union européenne à suivre de près l’évolution de la situation en Afghanistan et à ne pas rester indifférentes face aux restrictions croissantes imposées à l’accès à l’information.
Elle a averti que ces mesures risquent d’accentuer davantage l’isolement de l’Afghanistan et d’éloigner encore plus le pays du reste du monde.
« Ce qui commence par le silence imposé aux femmes à Hérat se termine par la tentative d’un régime de couper toute une société du monde extérieur », a-t-elle écrit.
Ces déclarations interviennent après la publication d’une directive attribuée à un tribunal militaire des Talibans interdisant l’utilisation des téléphones intelligents à l’ensemble des employés des institutions publiques.
Selon ce document, toute violation de cette interdiction pourrait entraîner la confiscation ou la destruction de l’appareil concerné, ainsi que le renvoi du contrevenant devant les autorités judiciaires militaires.
Du point de vue de Nimruz TV, cette controverse dépasse la seule question des smartphones. Elle alimente un débat plus large sur l’accès à l’information, la transparence institutionnelle et les libertés fondamentales dans un Afghanistan où les restrictions imposées aux médias, aux femmes et à la société civile continuent de susciter de fortes préoccupations internationales.



















