L’ancien président afghan Hamid Karzai a vivement réagi aux récentes déclarations d’une responsable européenne sur la situation sécuritaire régionale, accusant le Pakistan d’avoir soutenu l’extrémisme pendant plus de quarante ans et d’en avoir fait un outil de politique étrangère contre l’Afghanistan.
Dans un message publié sur le réseau social X, Karzai a affirmé que les difficultés sécuritaires actuelles du Pakistan sont le résultat direct de politiques menées depuis plusieurs décennies.
« La situation actuelle et les problèmes de sécurité du Pakistan sont la conséquence de son soutien à l’extrémisme et de son utilisation comme instrument de politique étrangère pour poursuivre des objectifs hostiles contre l’Afghanistan au cours des quatre dernières décennies », a-t-il écrit.
Selon l’ancien chef d’État, cette stratégie a contribué à l’instabilité chronique de l’Afghanistan et provoqué d’importantes pertes humaines à travers le pays. Il a également souligné que les conséquences de ces politiques dépassent désormais les frontières afghanes et affectent l’ensemble de la région.
Karzai a toutefois remercié les pays européens et l’Union européenne pour leur aide humanitaire à l’Afghanistan. Il a appelé les responsables européens à prendre en compte ce qu’il qualifie de « véritables racines » de l’insécurité régionale ainsi que le rôle des acteurs extérieurs dans l’analyse des crises actuelles.
Ses déclarations interviennent après les propos de Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, lors d’une réunion conjointe avec le ministre pakistanais des Affaires étrangères. Elle a estimé que les affrontements récents entre le Pakistan et les Taliban avaient aggravé les risques humanitaires et accru les menaces de déstabilisation et d’extrémisme dans la région.
« Le Pakistan a le droit de défendre son territoire et sa population conformément au droit international, mais dans cette situation, le dialogue, et non les frappes aériennes, constitue la meilleure voie pour réduire les tensions et sortir de la crise », a déclaré Kallas.
Ces remarques ont été formulées lors du huitième Dialogue stratégique entre l’Union européenne et le Pakistan à Islamabad, où la situation en Afghanistan et la sécurité régionale figuraient parmi les principaux sujets de discussion.
Dans une autre partie de son message, Karzai a rappelé que les relations entre l’Afghanistan et l’Europe ont été, selon lui, « amicales et constructives » pendant plus d’un siècle.
Au-delà de l’échange diplomatique, cette prise de position met en lumière un débat plus large sur les causes profondes de l’instabilité en Afghanistan et dans la région. Alors que les responsables européens se concentrent sur les défis sécuritaires actuels, Karzai cherche à replacer la discussion dans une perspective historique, en attribuant une part importante des crises régionales aux politiques menées par Islamabad au cours des dernières décennies.
L’enjeu dépasse aujourd’hui les relations entre Kaboul et Islamabad. Les divergences d’analyse sur l’origine de l’extrémisme pourraient influencer les futures approches diplomatiques de l’Union européenne envers l’Afghanistan, le Pakistan et la sécurité de l’Asie du Sud.


















