Des conseillers de haut rang de Donald Trump envisagent en privé la possibilité que la guerre entre les États-Unis et l’Iran se poursuive jusqu’à la fin de son mandat, en janvier 2029, selon le Wall Street Journal. Cette évaluation contraste fortement avec les déclarations publiques du président américain, qui affirme que le conflit prendra fin rapidement.
Selon le journal américain, le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et d’autres responsables ont évoqué, lors de réunions à la Maison-Blanche et dans la Situation Room, la possibilité que l’Iran continue de résister au blocus maritime et aux autres pressions militaires exercées par Washington.
Des responsables américains cités par le Wall Street Journal estiment qu’un tel scénario pourrait prolonger les hostilités jusqu’à la fin du mandat de Trump, voire au-delà de l’investiture de son successeur en janvier 2029.
Cette perspective intervient alors que Trump a déclaré mercredi 9 septembre que la guerre prendrait fin « immédiatement » après les élections de mi-mandat de novembre. Il affirme également que l’Iran n’aurait plus la capacité de poursuivre le conflit et que ses forces ont été vaincues.
En privé, toutefois, les proches du président américain décrivent une position plus nuancée. Trump souhaiterait une fin rapide des opérations, tout en soutenant parallèlement une stratégie de pression économique prolongée contre Téhéran.
La guerre entre Washington et Téhéran est désormais entrée dans son septième mois. Selon le Wall Street Journal, 18 militaires américains ont été tués depuis le début des affrontements.
L’administration Trump prépare parallèlement une stratégie reposant sur la combinaison d’un blocus maritime et de sanctions économiques renforcées. L’objectif affiché est de contraindre la République islamique d’Iran à démanteler son programme nucléaire sans engager une opération militaire de plus grande ampleur.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a présenté cette stratégie, baptisée « opération d’éviction économique », comme une alternative à une nouvelle expansion des opérations militaires.
Olivia Wells, porte-parole de la Maison-Blanche, affirme de son côté que Trump a détruit les capacités militaires iraniennes et entend accroître la pression sur l’économie iranienne à travers le blocus maritime et de nouvelles sanctions. Interrogée sur la date de fin de la guerre, elle a déclaré : « Seul le président Trump sait ce qu’il fera et quand il le fera. »
JD Vance a lui aussi refusé la semaine dernière de fournir un calendrier précis. Malgré la poursuite du blocus et des attaques sporadiques, le vice-président s’est même abstenu de qualifier la situation actuelle de « guerre ».
Vance a estimé qu’un « calendrier artificiel » serait irresponsable, au motif que l’Iran pourrait exploiter ces informations. Il accuse également Téhéran de violer ses engagements et de poursuivre les attaques contre des navires commerciaux.
Les préparatifs militaires américains suggèrent eux aussi que Washington se prépare à une confrontation susceptible de durer. Le Wall Street Journal avait précédemment rapporté que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait prolongé jusqu’en 2027 la mission de plusieurs forces américaines déployées au Moyen-Orient, afin de préserver les options militaires de Trump en cas de prolongation du conflit.
Le Pentagone envisage également de prolonger, sans date de fin définitive, la mission de certaines unités de défense aérienne déployées dans plusieurs secteurs du golfe Persique pour intercepter des missiles et des drones.
Environ 50 000 militaires américains sont actuellement déployés dans la région.
L’écart entre les déclarations publiques de Trump et les scénarios discutés en privé révèle ainsi une contradiction stratégique au cœur de la politique américaine : Washington affirme rechercher une issue rapide tout en mettant en place les moyens nécessaires pour soutenir une confrontation prolongée.
Si le blocus et les sanctions ne contraignent pas Téhéran à reculer, les États-Unis pourraient être amenés à maintenir plus longtemps leurs forces au Moyen-Orient et à renforcer progressivement leur dispositif militaire. Le risque ne serait alors plus seulement celui d’une guerre prolongée, mais celui d’un élargissement du conflit à d’autres acteurs et à d’autres zones de la région.
Pour l’administration Trump, la question de la fin de la guerre pourrait donc devenir un problème stratégique majeur. Plus le conflit s’installe, plus la promesse d’une victoire rapide se transforme en une épreuve de durée, avec des conséquences potentielles sur la présence militaire américaine, l’économie iranienne et la stabilité du Moyen-Orient.


















