Le Pakistan affirme qu’aucune discussion n’a encore été engagée sur une éventuelle intervention militaire dans le cadre de son nouvel accord de défense avec l’Arabie saoudite, malgré l’intensification des attaques des Houthis soutenus par l’Iran contre le territoire saoudien.
Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Sajjad Haider Khan, a déclaré jeudi lors d’une conférence de presse qu’aucune telle question n’était actuellement à l’ordre du jour. « Pour l’instant, ce sujet ne se pose pas. Lorsque le moment viendra, nous agirons conformément à l’accord », a-t-il déclaré.
Le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie ont signé le mois dernier à La Mecque un accord de défense commun. Selon cet accord, une attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre l’ensemble des membres du pacte.
La déclaration d’Islamabad intervient alors que les attaques des Houthis contre des villes et des infrastructures énergétiques saoudiennes se sont intensifiées, faisant craindre une extension du conflit régional et l’ouverture de nouveaux fronts dans la confrontation entre l’Iran et ses adversaires.
Le Pakistan a condamné les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite, mais n’a fourni jusqu’à présent aucun détail sur la manière dont il pourrait mettre en œuvre ses engagements militaires dans le cadre du pacte.
Reuters avait auparavant rapporté, citant des sources informées, que le Pakistan avait averti l’Iran de la nécessité d’empêcher les Houthis au Yémen de poursuivre leurs attaques contre l’Arabie saoudite. Cette démarche suggère qu’Islamabad cherche d’abord à utiliser la pression diplomatique sur Téhéran pour contenir les attaques, avant d’envisager une implication militaire directe.
Cette prudence s’explique également par le rôle que le Pakistan tente de jouer dans la confrontation entre les États-Unis et l’Iran. Une intervention militaire directe aux côtés de l’Arabie saoudite risquerait de réduire la marge de manœuvre d’Islamabad comme intermédiaire et de l’exposer simultanément à une crise sécuritaire avec l’Iran et à une confrontation plus large au Moyen-Orient.
La situation présente également un risque qui dépasse les relations entre Islamabad, Riyad et Téhéran. Une intensification des attaques contre les infrastructures énergétiques saoudiennes pourrait perturber les marchés mondiaux et accroître les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements en énergie, compte tenu du rôle central du Golfe dans les exportations énergétiques mondiales.
Le porte-parole pakistanais a par ailleurs indiqué qu’aucune nouvelle adhésion à l’accord de défense de La Mecque n’était actuellement prévue.
La position d’Islamabad apparaît ainsi comme un équilibre entre engagement et retenue. Le Pakistan cherche à préserver la crédibilité de son engagement envers l’Arabie saoudite sans se précipiter dans une confrontation militaire directe avec les forces soutenues par l’Iran.
La formule selon laquelle Islamabad agira « lorsque le moment viendra » laisse ouverte la possibilité d’une intervention future, sans constituer pour autant un engagement à agir immédiatement. Pour le Pakistan, cette ambiguïté peut servir à préserver simultanément deux intérêts : maintenir la confiance de Riyad dans le nouveau pacte de défense et conserver une marge diplomatique auprès de Téhéran.
Mais plus les attaques contre l’Arabie saoudite se poursuivront, plus cet équilibre pourrait devenir difficile à maintenir. Une nouvelle attaque majeure contre une cible saoudienne pourrait mettre à l’épreuve la portée réelle du pacte et obliger Islamabad à choisir entre son engagement sécuritaire envers Riyad et sa volonté d’éviter une confrontation directe avec l’Iran.


















