Le ministère taliban de la Promotion de la vertu, du Hajj et des Affaires religieuses a publié le texte officiel du sermon de la prière du vendredi de cette semaine, dans lequel plusieurs pratiques liées aux fiançailles, aux mariages et au comportement des femmes sont présentées comme des actes contraires à la charia.
Intitulé « Éviter les actes répréhensibles et les coutumes contraires à la loi islamique lors des mariages et autres célébrations », ce document de dix pages affirme notamment que l’échange de bagues entre un homme et une femme avant la célébration du mariage religieux est interdit. Le texte présente cette pratique comme une tradition empruntée aux chrétiens.
Le ministère indique également que certains couples échangent des bagues ou appliquent du henné sur les mains l’un de l’autre avant la conclusion du mariage religieux. Selon les autorités talibanes, tout contact physique entre un homme et une femme avant le nikah n’est pas autorisé.
Le sermon critique aussi les rencontres entre futurs époux avant leur mariage, même lorsqu’elles visent à mieux se connaître. Les talibans considèrent que les rencontres privées entre un homme et une femme non mariés sont interdites.
Les salons de beauté pour femmes sont également visés. Le ministère affirme que certains établissements favoriseraient des pratiques « contraires à la charia » et évoque notamment l’épilation des sourcils ou du visage, l’augmentation du volume des lèvres et l’utilisation de produits de maquillage destinés aux mariées.
Le texte précise en outre que les femmes ne doivent pas porter de parfum à forte odeur lorsqu’elles quittent leur domicile. Les imams des mosquées sont invités à aborder ces questions dans leurs prêches du vendredi afin d’encourager leur application.
Chaque semaine, les autorités talibanes diffusent un sermon uniforme destiné aux prédicateurs des mosquées du pays.
Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont imposé de nombreuses restrictions aux femmes et aux filles afghanes, notamment l’interdiction de l’enseignement secondaire pour les filles, l’exclusion des femmes des universités, les limitations d’accès à l’emploi ainsi que diverses restrictions concernant leurs déplacements et leur participation à la vie publique. Ces mesures continuent de faire l’objet de critiques de la part des Nations unies, d’organisations de défense des droits humains et de nombreux gouvernements étrangers.


















