La réaction du ministère taliban de l’Enseignement supérieur à l’appel de l’ancien président Hamid Karzaï en faveur de la participation des filles au concours national d’entrée à l’université a replacé la question du droit à l’éducation au centre du débat politique en Afghanistan.
Le 15 juillet, le porte-parole du ministère, Ziaullah Hashimi, a déclaré sur le réseau social X que seuls les responsables ayant laissé un « bilan positif et concret » étaient légitimes pour s’exprimer sur l’avenir de l’enseignement supérieur en Afghanistan. Sans nommer directement Hamid Karzaï dans un premier temps, il a ensuite affirmé que l’ancien chef de l’État « n’avait pas le droit de se prononcer sur les affaires de l’Afghanistan » et qu’il n’avait pas laissé « un bon héritage » au pays.
Ces déclarations interviennent après que Hamid Karzaï, à l’occasion de la publication des résultats du concours d’entrée à l’université, a exprimé son regret de voir les filles toujours exclues de cet examen. Il a renouvelé son appel en faveur de la réouverture des écoles secondaires et des universités aux jeunes Afghanes. Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, l’ancien président a formulé à plusieurs reprises cette demande, mais c’est la première fois que le ministère taliban de l’Enseignement supérieur lui répond dans des termes aussi directs.
La controverse s’est poursuivie avec la réaction de Masoom Stanekzai, ancien chef de l’équipe de négociation du gouvernement afghan, qui a estimé que la position du ministère était contraire aux principes de l’islam. Selon lui, réclamer l’accès des filles à l’éducation constitue un droit fondamental de chaque citoyen et personne ne devrait être critiqué pour avoir défendu ce principe.
Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans interdisent aux filles de poursuivre leurs études au-delà de la sixième année de scolarité et empêchent également les femmes d’accéder aux universités. Cette politique continue de susciter de vives critiques de la part des Nations unies, des organisations de défense des droits humains et de nombreux gouvernements étrangers. Les autorités talibanes maintiennent toutefois qu’il s’agit d’une décision relevant des affaires intérieures de l’Afghanistan.


















