Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) estime que plus de 10,7 millions de femmes et de filles afghanes auront besoin d’une aide humanitaire en 2026. Selon l’agence onusienne, les restrictions imposées à l’éducation, à l’emploi et à la liberté de circulation des femmes continuent de réduire considérablement leur accès aux services essentiels et d’accroître leur vulnérabilité.
Dans son dernier rapport, l’OCHA souligne que les femmes et les filles demeurent parmi les populations les plus exposées aux risques humanitaires en Afghanistan. L’organisation estime que les restrictions actuellement en vigueur aggravent les risques liés à leur protection et détériorent davantage leurs conditions de vie.
L’agence met également en garde contre la situation du système de santé afghan, confronté à une grave pénurie de personnel féminin, à un manque de financement, à des ruptures d’approvisionnement en médicaments et à des limitations des services de santé reproductive. Selon les données des Nations unies, le taux de mortalité maternelle a atteint 638 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2024, soit le niveau le plus élevé d’Asie et le septième plus élevé au monde.
L’OCHA souligne que les femmes vivant dans les zones rurales et isolées sont particulièrement touchées. Beaucoup doivent parcourir de longues distances dans des conditions difficiles pour accéder aux soins médicaux, et nombre d’entre elles ne consultent un établissement de santé qu’après l’apparition de complications graves.
Le rapport cite également l’hôpital provincial de Bamiyan, seul établissement de la province disposant d’une unité de soins intensifs néonatals. Selon l’agence, cet hôpital fait face à une forte pression en raison du manque d’équipements et de l’augmentation du nombre de patients.
Les Nations unies avertissent en outre que la poursuite des restrictions sur l’éducation des filles aggravera la pénurie de femmes qualifiées dans les secteurs de la santé et de l’enseignement. L’UNICEF estime qu’à l’horizon 2030, l’Afghanistan pourrait perdre plus de 25 000 enseignantes et professionnelles de santé si cette situation perdure.
L’OCHA conclut qu’en l’absence d’une augmentation rapide de l’aide humanitaire et de la levée des obstacles qui limitent l’accès des femmes aux services essentiels, la crise humanitaire et sanitaire touchant les femmes et les enfants afghans continuera de s’aggraver dans les années à venir.


















