Le ministère belge des Affaires étrangères a réagi aux appels réclamant l’annulation de l’invitation adressée à une délégation talibane à Bruxelles, en affirmant que l’organisation de telles réunions relève de la compétence des institutions de l’Union européenne.
Laurens Swinnen, porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères, a déclaré à Afghanistan International que les organismes européens sont responsables de la décision concernant les réunions à organiser et les personnes invitées à y participer.
Il a souligné que la présence de représentants d’entités ou de gouvernements non reconnus par la Belgique ne signifie pas automatiquement une reconnaissance officielle de leur part.
Selon le porte-parole, si la Belgique devait intervenir dans chacune des invitations émises par les institutions européennes, cela pourrait affaiblir le rôle de Bruxelles en tant que centre diplomatique et international.
Ces déclarations interviennent alors que des citoyens afghans, des défenseurs des droits humains et plusieurs organisations de la société civile en Afghanistan, en Allemagne, en France, au Canada, en Suède, en Autriche, en Espagne et en Belgique ont exprimé leur opposition à une éventuelle visite d’une délégation talibane.
Les critiques estiment qu’un engagement officiel avec les talibans pourrait être interprété comme une forme de légitimation politique, notamment dans un contexte marqué par les préoccupations persistantes concernant les droits des femmes et des filles en Afghanistan.
Le ministère belge a également indiqué qu’aucune demande officielle de visa n’avait encore été déposée par les membres potentiels de la délégation.
Selon les autorités, une liste préliminaire des participants a été reçue il y a plusieurs semaines et des vérifications de sécurité ont été engagées, mais aucune procédure de visa n’a encore été finalisée.
Les responsables belges ont insisté sur le fait qu’une éventuelle visite ne devrait pas être considérée comme une reconnaissance des talibans.
Parallèlement, plus de 80 organisations internationales de défense des droits humains, plusieurs députés européens ainsi que Malala Yousafzai ont appelé à une réévaluation du projet d’invitation et à un examen attentif de toute éventuelle délivrance de visas.
Le ministère belge a enfin souligné la nécessité d’une politique européenne commune en matière migratoire, estimant que la gestion des retours de migrants devait s’effectuer dans un cadre coordonné, équitable et conforme aux engagements internationaux.


















