Une organisation afghane de soutien aux médias affirme que les talibans ont intensifié les pressions contre les journalistes et les médias locaux à Hérat à la suite des récentes manifestations dans cette province.
Dans un communiqué publié mercredi, l’Afghanistan Media Support Organization (AMSO) indique que les autorités talibanes auraient renforcé les mesures de censure, les intimidations et les restrictions visant les professionnels des médias opérant à Hérat.
Selon cette organisation, des responsables talibans de la Direction de l’Information et de la Culture de Hérat auraient adressé des avertissements à plusieurs journalistes lors de réunions et d’échanges directs.
Des informations relayées par AMSO indiquent également qu’une réunion réunissant des responsables de l’Information et de la Culture ainsi que des représentants des services de renseignement talibans aurait été organisée avec des journalistes et producteurs de contenu locaux.
Au cours de cette rencontre, les participants auraient été invités à mettre en avant ce que les autorités qualifient de « réalisations des talibans » et à éviter la diffusion de contenus jugés critiques.
Selon les mêmes informations, les journalistes auraient reçu l’ordre de ne pas publier de reportages négatifs ni d’informations liées à la sécurité, notamment concernant les activités du ministère taliban de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice.
Ces développements interviennent après plusieurs jours de tensions à Hérat, où des arrestations de femmes accusées de ne pas respecter les règles vestimentaires imposées par les talibans ont suscité des protestations dans le quartier de Jebrail.
Des témoins et sources locales ont affirmé que ces rassemblements avaient été dispersés par les forces talibanes.
AMSO affirme que les autorités ont également averti les journalistes que toute transmission d’informations ou de reportages concernant les manifestations à des médias basés à l’étranger pourrait entraîner des arrestations et des sanctions.
L’organisation estime que ces pressions visent à limiter la diffusion d’informations sur les événements récents et à présenter une image normalisée de la situation dans la province.
Dans son communiqué, AMSO qualifie ces pratiques d’atteinte directe à la liberté d’information et considère les menaces contre les journalistes comme une violation des principes de la liberté de la presse et des normes internationales relatives aux droits humains.
L’organisation affirme que la sécurité des journalistes en Afghanistan a franchi une « ligne rouge » et appelle la communauté internationale à agir de manière urgente.
AMSO demande aux autorités talibanes de mettre fin aux intimidations contre les professionnels des médias et de garantir un environnement de travail libre et sécurisé.
L’organisation appelle également les Nations unies, le Comité pour la protection des journalistes, la Fédération internationale des journalistes et les autres organisations de défense de la liberté d’expression à renforcer leurs efforts pour protéger les journalistes afghans.


















