Le partage des eaux du fleuve Helmand demeure l’un des dossiers les plus sensibles entre l’Afghanistan et l’Iran. Un nouveau rapport publié par un média iranien relance le débat en affirmant qu’un volume important d’eau est récemment parvenu dans les régions orientales de l’Iran.
L’agence de presse iranienne Fars News a rapporté samedi que 417 millions de mètres cubes d’eau du fleuve Helmand étaient entrés dans la province du Sistan-et-Baloutchistan et avaient atteint les zones septentrionales de cette région.
Selon le média iranien, les volumes d’eau arrivant dans les réservoirs artificiels connus sous le nom de « Chah-Nimeh » ont doublé entre la fin du mois d’avril et le début du mois de juin par rapport aux périodes précédentes.
Fars News affirme toutefois que cette quantité représente encore seulement environ la moitié du volume auquel l’Iran estime avoir droit en vertu des accords existants sur le partage des eaux du Helmand.
Le principal cadre juridique régissant cette question reste le traité du Helmand signé en 1973 entre l’Afghanistan et l’Iran. Selon cet accord, l’Afghanistan s’engage à fournir à l’Iran un volume annuel déterminé d’eau provenant du fleuve.
Depuis plusieurs années, ce traité constitue la base des discussions et des différends entre Kaboul et Téhéran concernant les ressources hydriques transfrontalières.
Le média iranien souligne également que l’Afghanistan a connu cette année une saison particulièrement humide. Ces derniers mois, de fortes précipitations, des inondations et d’importants dégâts ont été signalés dans plusieurs provinces afghanes.
À ce stade, les autorités talibanes n’ont pas officiellement commenté les chiffres avancés par les médias iraniens ni confirmé les volumes d’eau ayant effectivement franchi la frontière.
La question de l’eau du Helmand est devenue un enjeu stratégique majeur dans les relations entre les deux pays. Les autorités iraniennes réclament régulièrement l’application intégrale des dispositions du traité, tandis que les responsables talibans affirment que les volumes disponibles dépendent directement des conditions climatiques, des précipitations et du niveau des réserves hydriques.
Au-delà des discussions bilatérales, plusieurs spécialistes iraniens ont également souligné les difficultés structurelles de gestion de l’eau à l’intérieur du pays.
Selon des données citées par des responsables du secteur agricole iranien, une part importante de l’eau utilisée dans l’agriculture est perdue en raison de systèmes d’irrigation jugés peu efficaces.
Mohammad Hobvatan, responsable iranien chargé de la gouvernance de l’eau, a notamment indiqué que l’absence de technologies modernes d’irrigation et le recours à des méthodes traditionnelles limitaient fortement l’efficacité de l’utilisation des ressources hydriques.
L’importance du Helmand dépasse largement la question diplomatique. Ce fleuve constitue une source essentielle d’eau pour des millions de personnes vivant des deux côtés de la frontière. Son débit influence directement l’agriculture, l’environnement, les ressources en eau potable et les activités économiques dans plusieurs régions d’Afghanistan et d’Iran.
Cette situation illustre un défi plus large auquel sont confrontés les deux pays : la gestion de ressources hydriques de plus en plus précieuses dans un contexte marqué par le changement climatique, les sécheresses récurrentes et une pression croissante sur les réserves d’eau.
L’évolution des niveaux d’eau du Helmand continuera ainsi de jouer un rôle central non seulement dans les relations entre Kaboul et Téhéran, mais également dans la stabilité environnementale et économique de l’ensemble de la région.


















