L’Afghanistan figure au cinquième rang des crises de déplacement les plus négligées au monde en 2025, selon le rapport annuel du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), qui avertit que la situation humanitaire du pays continue de se détériorer alors même que l’attention et les financements internationaux diminuent.
Dans son rapport publié jeudi, le NRC classe le Soudan, la République démocratique du Congo, la Colombie, le Yémen et l’Afghanistan parmi les crises humanitaires et de déplacement qui reçoivent moins d’attention et de soutien que leur gravité ne le justifierait.
L’organisation souligne que les Afghans continuent de faire face à une combinaison de défis majeurs : pauvreté généralisée, conséquences du changement climatique, sécheresses répétées, catastrophes naturelles, restrictions imposées aux femmes et diminution significative de l’aide internationale.
Selon le rapport, plusieurs années après le retour des Taliban au pouvoir, la crise humanitaire ne s’est pas atténuée. Au contraire, de nombreux indicateurs montrent une aggravation des difficultés économiques et sociales dans plusieurs régions du pays.
Le NRC estime que près de quatre millions d’enfants afghans sont exposés à la malnutrition, illustrant la fragilité persistante de la sécurité alimentaire nationale.
L’organisation met également en garde contre les conséquences de la fermeture de plus de 400 centres de santé à travers le pays. Cette situation compromet l’accès aux soins pour des millions de personnes, en particulier dans les zones les plus vulnérables.
Le rapport attire aussi l’attention sur l’augmentation du nombre de migrants afghans renvoyés ou revenus d’Iran et du Pakistan. Selon le NRC, beaucoup de ces personnes rentrent en Afghanistan sans ressources suffisantes, sans perspectives d’emploi et sans mécanismes d’assistance adaptés.
L’organisation décrit cette situation comme un « échec de la protection des réfugiés » et avertit que les retours massifs, lorsqu’ils ne sont ni préparés ni accompagnés, risquent d’exercer une pression supplémentaire sur une économie déjà fragilisée et sur des services publics limités.
Jacobo Caridi, directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés en Afghanistan, a déclaré : « La situation humanitaire se détériore de jour en jour et les donateurs internationaux se retirent progressivement. L’Afghanistan est politiquement isolé et l’aide humanitaire assume désormais la charge de fournir des services essentiels à un pays tout entier. »
Le rapport souligne également les difficultés rencontrées par les femmes et les filles. Les restrictions dans le domaine de l’éducation ainsi que le manque de personnel féminin dans le secteur de la santé compliquent l’accès de millions de femmes aux soins médicaux et aux services de base.
Le NRC appelle les pays voisins à continuer d’accueillir et de soutenir les réfugiés afghans et exhorte la communauté internationale à ne pas réduire davantage son assistance humanitaire.
L’un des principaux constats du rapport est que, contrairement à d’autres crises internationales largement médiatisées, la situation afghane reçoit aujourd’hui une attention limitée de la part des médias et des décideurs internationaux, malgré les besoins considérables de la population.
Selon l’organisation, des millions d’Afghans continuent de vivre dans des conditions marquées par la pauvreté, le déplacement, l’insécurité alimentaire, le chômage et le manque d’accès aux services essentiels.
Au-delà de l’urgence immédiate, le rapport met en garde contre les conséquences à long terme d’un désengagement international. Sans soutien durable, les difficultés humanitaires actuelles pourraient alimenter davantage les déplacements de population, fragiliser les structures sociales et compliquer les perspectives de stabilisation du pays pour les années à venir.


















