Le journal britannique Daily Mail affirme dans une enquête que des cas de « bacha bazi », une pratique associée à l’exploitation et aux abus sexuels de garçons mineurs, continuent d’être signalés en Afghanistan malgré l’interdiction annoncée par les Taliban.
S’appuyant sur des témoignages de victimes, des rapports d’organisations de défense des droits humains et des documents internationaux, le journal affirme que certaines personnalités influentes et des acteurs disposant d’un pouvoir local seraient impliqués dans ces abus.
Selon l’enquête, des enfants issus de milieux pauvres et vulnérables seraient parfois utilisés lors de rassemblements privés avant de devenir victimes d’exploitation. Plusieurs survivants affirment avoir vécu des années de violences sans bénéficier d’un accompagnement psychologique ou social adapté.
Le rapport cite également des évaluations internationales, notamment des documents américains sur la traite des êtres humains, qui expriment des inquiétudes concernant l’exploitation de mineurs, le recrutement d’enfants et d’autres formes de violences visant les personnes les plus vulnérables.
L’enquête souligne que la réduction de l’aide internationale depuis 2021 a fortement limité l’accès des victimes aux services de soutien, aux soins médicaux spécialisés et aux programmes de réhabilitation.
Le Daily Mail rappelle que le phénomène du « bacha bazi » est présent depuis plusieurs décennies en Afghanistan et qu’il a été dénoncé à différentes périodes par des organisations de défense des droits humains.
Le rapport met également en évidence les conséquences durables pour les victimes, notamment les traumatismes psychologiques, la dépression, les dépendances, l’exclusion sociale et d’autres difficultés qui peuvent persister à l’âge adulte.
Les Taliban n’ont pas réagi aux allégations détaillées dans cette enquête. Ils ont toutefois déclaré à plusieurs reprises qu’ils s’opposaient au « bacha bazi » et qu’ils avaient interdit cette pratique.
L’enquête conclut que les enfants vulnérables demeurent exposés à divers risques d’exploitation et que de nombreuses victimes continuent de manquer d’accès à la justice, à la protection et aux services de réinsertion.


















