Une délégation du ministère de la Défense des Taliban s’est rendue en Chine pour participer au 13e Forum Xiangshan, l’un des principaux rendez-vous internationaux consacrés aux questions de sécurité et de défense en Asie.
Latifullah Hakimi, inspecteur général du ministère de la Défense des Taliban, a annoncé samedi 12 septembre qu’il dirigeait la délégation. Selon lui, les représentants talibans doivent prendre part aux différentes sessions du forum et y prononcer des interventions.
La délégation prévoit également de rencontrer des représentants de plusieurs pays et de discuter de questions d’intérêt commun. Ces rencontres pourraient offrir aux Taliban une nouvelle occasion de développer leurs contacts avec des acteurs régionaux et internationaux.
Le 13e Forum Xiangshan se tient du 15 au 17 septembre au Centre international de conférences de Pékin. Créé en 2006 à l’initiative de la Chine, le forum constitue une plateforme de dialogue sur les questions de sécurité et de défense.
Le rendez-vous a progressivement gagné en importance. Depuis son passage au statut de « forum » en 2014, il accueille des ministres de la Défense et de hauts responsables militaires de nombreux pays, y compris des États proches de la Chine et de la Russie, ainsi que des représentants de l’OTAN.
La participation d’une délégation du ministère de la Défense des Taliban est donc significative sur le plan diplomatique. Alors que les Taliban restent confrontés à l’absence de reconnaissance internationale de leur régime par la plupart des États, leur présence dans des forums sécuritaires de haut niveau leur permet d’élargir leurs contacts officiels sans que cette participation constitue, à elle seule, une reconnaissance diplomatique.
Pour Pékin, maintenir des canaux de contact avec les Taliban peut également répondre à des considérations de sécurité et de stabilité régionale. L’Afghanistan occupe une position stratégique dans l’environnement sécuritaire de la Chine et de l’Asie centrale, ce qui donne une importance particulière aux échanges portant sur la sécurité et la défense.
La portée politique de ce déplacement dépendra toutefois moins de la présence des Taliban au forum que du niveau des rencontres organisées en marge de celui-ci. Des échanges bilatéraux avec des responsables étrangers ou l’émergence de nouveaux mécanismes de coopération pourraient donner à cette participation une dimension diplomatique plus importante.
La présence des Taliban à Pékin illustre ainsi une stratégie de normalisation progressive des contacts internationaux : sans obtenir une reconnaissance politique générale, ils cherchent à multiplier les espaces dans lesquels leurs représentants peuvent dialoguer directement avec des gouvernements étrangers. La question sera désormais de savoir jusqu’où ces contacts pourront évoluer en coopération concrète, notamment dans les domaines de la sécurité et de la défense.


















