La France et la Syrie s’apprêtent à franchir une étape diplomatique majeure. Les autorités syriennes ont annoncé qu’Emmanuel Macron effectuera prochainement une visite officielle à Damas afin de rencontrer le président de transition Ahmad al-Chareh. Si elle se concrétise, cette visite constituera le premier déplacement d’un président français en Syrie depuis celui de Nicolas Sarkozy en 2008 et symbolisera un changement majeur dans les relations entre les deux pays.
Le palais de l’Élysée a confirmé le déplacement, précisant que le chef de l’État sera accompagné d’une délégation composée de responsables gouvernementaux, de dirigeants de grandes entreprises françaises et d’investisseurs. Les discussions porteront notamment sur le développement des relations bilatérales, la coopération économique, la participation de la France à la reconstruction de la Syrie ainsi que sur plusieurs dossiers régionaux.
Les relations entre Paris et Damas s’étaient fortement dégradées en 2012, lorsque la France avait rompu pratiquement tout contact diplomatique avec le régime de Bachar al-Assad après la répression du soulèvement populaire et les accusations d’utilisation d’armes chimiques contre des civils.
Cette visite intervient quelques mois après le déplacement d’Ahmad al-Chareh à Paris. Reçu par Emmanuel Macron lors de sa première visite européenne, le président de transition syrien avait évoqué avec son homologue français la transition politique, la reconstruction du pays, la lutte contre le terrorisme ainsi que la question d’un éventuel allègement des sanctions internationales.
Ahmad al-Chareh est arrivé au pouvoir après la prise de Damas, le 8 décembre 2024, par une coalition de groupes d’opposition dirigée par Hayat Tahrir al-Cham, mettant fin à plus d’un demi-siècle de domination de la famille Assad. Depuis, les nouvelles autorités syriennes multiplient les initiatives diplomatiques afin de réintégrer progressivement la Syrie sur la scène régionale et internationale et d’attirer des investissements étrangers pour reconstruire un pays profondément marqué par plus d’une décennie de guerre.
Au-delà de sa portée symbolique, la visite annoncée d’Emmanuel Macron pourrait refléter une évolution progressive de l’approche européenne à l’égard de la Syrie post-Assad. Toutefois, l’ampleur de ce rapprochement dépendra de la consolidation de la transition politique, de l’évolution de la situation sécuritaire sur le terrain et des futures décisions de l’Union européenne concernant les sanctions toujours en vigueur contre la Syrie.


















