Des experts, défenseurs des droits humains et anciens responsables afghans ont averti, lors d’une réunion organisée à Genève, que la poursuite des restrictions imposées par les Talibans à l’éducation des filles et des femmes pourrait avoir des conséquences profondes sur l’avenir de l’Afghanistan.
Cette rencontre a été organisée par le réseau de défense des droits humains Hamrah en marge de la session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. À cette occasion, un rapport intitulé « Les madrasas talibanes : consolidation idéologique, persécution fondée sur le genre et stabilité future de l’Afghanistan » a été présenté.
Taimoor Sharan, ancien vice-ministre de l’Administration locale du gouvernement afghan précédent, a expliqué que le nombre de madrasas dans le pays dépasse désormais celui des écoles publiques modernes. Selon lui, cette évolution contribue à institutionnaliser la discrimination fondée sur le genre et à priver davantage les filles de leur droit à l’éducation.
Fariha Shaheed, rapporteuse spéciale des Nations unies sur le droit à l’éducation, a averti que la situation des filles et des femmes afghanes pourrait continuer à se détériorer en l’absence de mesures internationales efficaces.
Richard Bennett, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits humains en Afghanistan, a qualifié la situation éducative du pays de préoccupante et a appelé à soutenir l’enseignement moderne ainsi qu’à faire face aux restrictions imposées à l’éducation.
La chercheuse et militante des droits humains Farishta Abbasi a insisté sur l’importance de préserver le droit fondamental à l’éducation pour les filles afghanes et a demandé à la communauté internationale d’adopter des mesures plus concrètes.
Soraya Dalil, ancienne ministre afghane de la Santé publique, a quant à elle souligné que l’exclusion des femmes de l’éducation et du marché du travail aurait des conséquences durables sur l’économie, le système de santé et le développement social du pays.
Les participants à la réunion ont appelé les gouvernements, les organisations internationales et les institutions des droits humains à intensifier leurs efforts afin de protéger le droit à l’éducation des filles afghanes et de répondre aux restrictions en vigueur.
Du point de vue de Nimruz TV, le débat ne porte plus seulement sur l’accès à l’éducation, mais sur l’impact à long terme de ces restrictions sur le développement de l’Afghanistan. De nombreux experts estiment que l’exclusion prolongée des filles des écoles pourrait affecter durablement la croissance économique, les services publics et la stabilité sociale du pays.



















