L’Afghanistan demeure au centre des préoccupations sécuritaires régionales, comme l’a illustré une nouvelle fois la rencontre entre les ministres de l’Intérieur du Pakistan et du Tadjikistan en marge d’un sommet consacré à la sécurité en Asie.
Mohsin Naqvi, ministre pakistanais de l’Intérieur, a affirmé lors d’une réunion avec son homologue tadjik, Ramazon Rahimzoda, que la présence de ce qu’il a qualifié de « camps terroristes » en Afghanistan constituait une menace sérieuse pour la stabilité régionale.
La rencontre s’est tenue à Bichkek, capitale du Kirghizistan, à l’occasion d’une réunion des ministres de l’Intérieur et de la Sécurité nationale des États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Les questions liées à la lutte contre le terrorisme, à la coopération sécuritaire régionale et à la stabilité de l’Afghanistan figuraient parmi les principaux sujets abordés lors de cette rencontre.
Selon des médias pakistanais, les deux responsables ont également discuté de l’activité de groupes armés et du trafic de stupéfiants dans la région.
Ces mêmes médias affirment qu’environ vingt-cinq groupes armés seraient actuellement actifs en Afghanistan. Cette affirmation n’a toutefois pas été confirmée par des sources indépendantes.
Mohsin Naqvi a déclaré que les défis sécuritaires liés à l’Afghanistan ne concernaient pas uniquement le Pakistan mais représentaient un enjeu pour l’ensemble des pays de la région.
« Les menaces provenant du territoire afghan peuvent affecter la sécurité et la stabilité régionales », a-t-il soutenu, appelant à une coopération renforcée entre les États voisins.
À ce stade, le ministère de l’Intérieur du Tadjikistan n’a pas publié de déclaration détaillée concernant cette réunion ni confirmé publiquement les propos attribués au ministre pakistanais.
Ces accusations interviennent alors que les Taliban continuent de rejeter les allégations selon lesquelles des organisations terroristes utiliseraient l’Afghanistan comme base d’opérations.
Les autorités talibanes affirment régulièrement qu’aucun individu ni aucun groupe n’est autorisé à utiliser le territoire afghan pour mener des attaques contre d’autres pays.
Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les relations entre les Taliban et le Pakistan ont toutefois été marquées par des tensions persistantes, particulièrement sur les questions sécuritaires.
Islamabad accuse régulièrement les Taliban de tolérer la présence de membres du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ainsi que d’autres groupes armés opérant contre les intérêts pakistanais.
Les Taliban rejettent ces accusations et soutiennent que les problèmes de sécurité du Pakistan relèvent d’affaires internes qui doivent être traitées à l’intérieur de ses frontières.
Zabihullah Mujahid, porte-parole des Taliban, avait précédemment déclaré que le Pakistan ne devait pas attribuer ses difficultés sécuritaires à l’Afghanistan.
Malgré ces démentis, les préoccupations sécuritaires pakistanaises restent au cœur des relations entre Kaboul et Islamabad.
Les incidents frontaliers, les attaques armées et les échanges d’accusations ont contribué à détériorer les relations entre les deux parties au cours des derniers mois.
L’importance de ces déclarations dépasse le cadre des relations bilatérales entre le Pakistan et les Taliban. Elles reflètent également les inquiétudes plus larges exprimées par plusieurs acteurs régionaux, notamment les pays d’Asie centrale, la Russie et la Chine, concernant l’extrémisme violent, le terrorisme transfrontalier et le trafic de drogue.
Alors que les Taliban affirment exercer un contrôle total sur le territoire afghan, la persistance de ces préoccupations montre que la question de la sécurité en Afghanistan demeure un dossier central dans les discussions régionales.
Cette situation suggère que l’Afghanistan continuera d’occuper une place importante dans l’agenda des organisations régionales et des forums de sécurité dans les mois à venir. La capacité des autorités afghanes à convaincre leurs voisins de l’efficacité de leurs mesures sécuritaires pourrait jouer un rôle déterminant dans l’évolution de leurs relations diplomatiques et politiques avec la région.


















