L’ambassade d’Afghanistan au Koweït a été confiée cette semaine à un diplomate désigné par les Taliban, selon des sources citées par Afghanistan International. Cette évolution marque une nouvelle étape dans les efforts du mouvement pour étendre son influence au sein du réseau diplomatique afghan à l’étranger.
D’après ces informations, Mawlawi Mohammad Shafiq Khatib a officiellement pris ses fonctions à la tête de l’ambassade afghane au Koweït, remplaçant Sayed Javid Hashemi, qui représentait l’ancien gouvernement afghan.
Selon les informations disponibles, Mohammad Shafiq Khatib occupait auparavant plusieurs fonctions au sein du ministère taliban des Affaires étrangères, notamment comme responsable des affaires consulaires et directeur chargé des questions frontalières.
Cette prise de contrôle intervient dans le cadre d’une stratégie plus large menée par les Taliban depuis leur retour au pouvoir en 2021 afin d’obtenir la gestion de davantage d’ambassades et de représentations diplomatiques afghanes à travers le monde.
Le ministre taliban des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, a récemment affirmé que son mouvement entretenait des relations diplomatiques avec une vingtaine de pays et que des représentants talibans exerçaient déjà leurs fonctions dans plusieurs missions diplomatiques afghanes à l’étranger.
Le transfert de l’ambassade afghane au Koweït intervient alors que les discussions sur la normalisation progressive des relations entre certains États et les Taliban se poursuivent.
Les critiques du mouvement estiment que la remise d’ambassades et l’élargissement des contacts diplomatiques avec les Taliban risquent de contribuer à leur légitimation politique sans avancées significatives sur les questions des droits humains, de la participation politique ou des restrictions imposées aux femmes.
À l’inverse, les partisans d’une approche pragmatique soutiennent que le maintien de canaux diplomatiques demeure nécessaire pour assurer les services consulaires aux citoyens afghans vivant à l’étranger et pour gérer les relations bilatérales.
Cette évolution intervient également dans un contexte de renforcement des contacts entre les Taliban et plusieurs pays de la région, notamment dans le Golfe.
Au cours des derniers mois, les autorités talibanes ont cherché à approfondir leurs relations avec les États arabes du Golfe, mais aussi avec l’Iran, la Russie et plusieurs pays d’Asie centrale. Cette stratégie s’inscrit dans leurs efforts visant à réduire leur isolement diplomatique et à accroître leur présence sur la scène internationale.
Malgré cette expansion progressive de leurs relations extérieures, les Taliban ne sont toujours pas reconnus comme gouvernement légitime de l’Afghanistan par les Nations Unies ni par la majorité des États membres de la communauté internationale.
La prise en charge de l’ambassade afghane au Koweït constitue néanmoins l’un des développements diplomatiques les plus significatifs de ces derniers mois pour les Taliban. Elle reflète une tendance plus large de transfert progressif de certaines représentations afghanes vers des diplomates approuvés par le mouvement, tout en maintenant ouvert le débat sur la reconnaissance internationale et la nature des relations entre les Taliban et le reste du monde.


















