Fazl Ahmad Manawi, ancien ministre de la Justice du gouvernement afghan précédent, a contesté l’autorité de Hibatullah Akhundzada à accorder une amnistie générale et affirmé que la crise afghane ne pouvait être résolue par un simple mot de « pardon ».
Dans son message à l’occasion de l’Aïd al-Adha, le chef des Taliban avait une nouvelle fois invité ses opposants à revenir en Afghanistan en bénéficiant de l’amnistie générale annoncée après leur retour au pouvoir.
En réaction, Manawi a déclaré qu’il fallait d’abord déterminer qui possédait réellement l’autorité de pardonner à qui.
Évoquant les décennies de guerre ainsi que la situation actuelle du pays, l’ancien ministre a estimé que ceux qui ont conduit l’Afghanistan vers la destruction, la pauvreté, les crises et les restrictions généralisées devraient rendre des comptes pour leurs actions.
Il a également affirmé que l’exode massif des citoyens afghans était le résultat de l’injustice, des pressions et des difficultés imposées à la population, et non des facteurs avancés par les Taliban.
Selon lui, des milliers d’Afghans ont déjà quitté le pays et beaucoup d’autres feraient le même choix si les conditions le permettaient.
Manawi a invité le chef des Taliban à s’interroger sur les raisons pour lesquelles de nombreux Afghans préfèrent encore vivre dans des conditions difficiles à l’étranger plutôt que sous l’autorité actuelle en Afghanistan.
Il a également proposé qu’une institution indépendante et neutre réalise une enquête transparente afin de mesurer le niveau réel de satisfaction ou de mécontentement de la population.
L’ancien ministre de la Justice a souligné que la crise afghane ne prendrait pas fin par des appels à l’amnistie, des demandes de loyauté ou la reddition des opposants, mais qu’elle nécessitait des solutions politiques et nationales répondant aux attentes de la population.
Ces déclarations interviennent alors que les Taliban invitent régulièrement les responsables de l’ancien gouvernement et les opposants politiques à rentrer dans le pays. Jusqu’à présent, aucune figure politique majeure de l’ancien régime n’a accepté cette invitation.


















