Le Comité pour la protection des journalistes a demandé à la Commission européenne d’annuler son projet d’invitation d’une délégation talibane à Bruxelles.
Tom Gibson, directeur adjoint de l’organisation, a qualifié cette invitation de « honteuse » et affirmé qu’elle accordait une légitimité à un groupe responsable de la répression des médias et d’une vaste censure en Afghanistan.
Lundi 28 Sawr, il a déclaré que le fait d’inviter officiellement les talibans alors qu’ils poursuivent leur pression sur les médias et restreignent la liberté d’expression constituait un acte « cruel ».
Le Comité pour la protection des journalistes a indiqué que depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont fermé des médias indépendants, arrêté des journalistes et instauré un climat de forte censure et de surveillance sur les médias afghans.
L’organisation internationale ajoute que de nombreux journalistes afghans travaillent désormais dans un climat de peur et de menaces et qu’une grande partie de la couverture médiatique intérieure s’est transformée en propagande favorable aux talibans.
Selon plusieurs rapports, la Commission européenne envisage d’inviter des représentants talibans à Bruxelles afin de discuter du retour des migrants afghans expulsés.
Toutefois, la Commission européenne a affirmé que cette invitation ne signifiait pas une reconnaissance officielle du gouvernement taliban.
Cette initiative a suscité de nombreuses réactions parmi les organisations de défense des droits humains et les défenseurs de la liberté de la presse.
Des analystes estiment que les pays européens cherchent d’un côté à coopérer avec les talibans sur les questions migratoires et le retour des réfugiés, mais qu’ils sont en même temps confrontés à des critiques croissantes concernant la situation des droits humains et de la liberté des médias en Afghanistan.
Selon plusieurs experts, toute interaction officielle avec les talibans sans pression sur les questions des droits humains risque de renforcer la position internationale du groupe et d’affaiblir davantage les médias indépendants afghans.


















