Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lancé jeudi une violente attaque verbale contre le président turc Recep Tayyip Erdoğan lors de son discours devant la 81e Assemblée générale des Nations unies, transformant une nouvelle fois la tribune de l’ONU en espace de confrontation diplomatique entre Israël et la Turquie.
Netanyahu a qualifié Erdoğan de « tyran » et l’a accusé notamment d’accueillir des dirigeants du Hamas, d’avoir tué des milliers de civils kurdes et d’emprisonner des journalistes ainsi que des responsables de l’opposition. Ces accusations ont été formulées par le Premier ministre israélien et s’inscrivent dans le contexte de l’affrontement politique entre Ankara et Tel-Aviv.
Le dirigeant israélien a également accusé la Turquie de contribuer, selon lui, à la diffusion de « mensonges antisémites ». Il a reproché à Erdoğan de nier le génocide arménien et a dénoncé la politique turque à Chypre, affirmant qu’Ankara détenait illégalement la partie nord de l’île.
Netanyahu a ensuite critiqué la politique turque envers la Grèce et la Syrie. Il a affirmé qu’Erdoğan cherchait à renforcer l’influence de la Turquie en Syrie et a présenté cette orientation comme faisant partie des ambitions régionales du président turc.
La question de Jérusalem a également occupé une place importante dans son intervention. En réponse aux positions d’Erdoğan sur la ville, Netanyahu a déclaré : « C’est notre pays, notre ville, notre capitale éternelle. »
Cette confrontation intervient deux jours après le discours d’Erdoğan devant la même Assemblée générale. Le président turc avait vivement critiqué la politique israélienne à Gaza, dénoncé la situation humanitaire dans l’enclave et appelé la communauté internationale à exercer davantage de pression sur Israël. Il avait également soutenu une reconnaissance plus large de l’État palestinien.
La Turquie figure parmi les principaux critiques internationaux des opérations militaires israéliennes à Gaza et qualifie certaines actions d’Israël de génocide. Israël rejette cette accusation et affirme que ses opérations visent le Hamas et cherchent à protéger sa population.
Les tensions entre Ankara et Tel-Aviv dépassent toutefois la seule question de Gaza. Le Hamas, la question palestinienne, la Syrie, Jérusalem et Chypre constituent également des dossiers de confrontation entre les deux pays.
L’échange de critiques à l’ONU illustre ainsi une rivalité diplomatique qui dépasse les relations personnelles entre Netanyahu et Erdoğan. Les deux dirigeants défendent des positions profondément opposées sur la guerre à Gaza, l’avenir de la question palestinienne et le rôle des puissances régionales au Moyen-Orient.
La tribune de l’ONU devient une nouvelle fois un espace où les deux gouvernements exposent leurs récits concurrents devant la communauté internationale. Pour Ankara, la priorité reste la pression internationale sur Israël et la défense des droits palestiniens. Pour le gouvernement israélien, l’enjeu est notamment de défendre ses opérations militaires et de contester les accusations formulées contre Israël.
Cette confrontation publique montre finalement que le désaccord entre Israël et la Turquie s’étend bien au-delà de Gaza. La Syrie, Jérusalem, Chypre et le rôle régional d’Ankara sont désormais également au cœur d’une fracture diplomatique qui continue de s’exprimer sur la scène internationale.


















