À l’approche du cinquième anniversaire du retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, plusieurs journalistes et employés des médias affirment que les restrictions imposées par le mouvement ont considérablement réduit l’espace consacré au travail journalistique au cours des cinq dernières années.
Selon ces journalistes, la censure, les restrictions d’accès à l’information, l’interdiction de critiquer les autorités et la crainte d’être arrêté ont favorisé l’autocensure et réduit la capacité des médias à rendre compte librement des événements.
Ils affirment que la pression ne se limite plus au cadre professionnel. Certains journalistes expliquent qu’ils doivent également faire preuve de prudence sur leurs comptes personnels sur les réseaux sociaux, où l’expression de points de vue critiques peut, selon eux, entraîner des conséquences.
Dans des témoignages recueillis par Nimruz TV, des journalistes affirment que l’accès à l’information et les possibilités de produire des reportages indépendants se sont fortement réduits depuis le retour des talibans au pouvoir.
Ils disent que, dans de nombreux cas, les journalistes sont contraints de publier les informations communiquées ou approuvées par les autorités talibanes et ne peuvent pas toujours présenter les événements tels qu’ils se déroulent sur le terrain.
Selon eux, ces restrictions ont également transformé les conditions générales de travail. La crainte d’une arrestation, d’une convocation ou d’éventuelles conséquences sécuritaires est devenue un élément pris en compte dans les décisions quotidiennes des professionnels des médias.
La pression économique constitue un autre facteur de fragilisation du secteur. La réduction des possibilités d’emploi et les difficultés financières ont accru les problèmes auxquels sont confrontés les journalistes et les médias. Malgré ces difficultés, certains professionnels affirment continuer leur travail dans des conditions qu’ils considèrent comme particulièrement difficiles.
Les restrictions d’accès à l’information, la censure et les pressions exercées sur les journalistes interviennent alors que les médias indépendants dépendent de sources sur le terrain et d’un accès suffisamment libre aux informations pour pouvoir informer le public.
Pour plusieurs journalistes, la poursuite de ces restrictions risque d’élargir davantage l’autocensure et d’accroître l’écart entre les réalités vécues par la population et les informations auxquelles le public peut effectivement accéder.
Cinq ans après le retour des talibans au pouvoir, la liberté de la presse demeure ainsi l’une des principales préoccupations liées à l’état des droits humains et des libertés civiles en Afghanistan.


















