Les talibans poursuivent l’extension de leur réseau de vidéosurveillance à Kaboul, alors que des problèmes persistants dans les services publics et la sécurité routière alimentent les interrogations sur les priorités accordées aux technologies de surveillance dans la capitale afghane.
Sur la route de 40 mètres à Taimani, plusieurs caméras couvrent différents angles de la voie. À proximité, un feu de circulation est toutefois signalé comme étant hors service, tandis qu’aucun équipement visible de contrôle de vitesse n’est signalé. Cette situation alimente des questions sur la manière dont les technologies disponibles sont utilisées pour améliorer concrètement la sécurité urbaine.
Selon les informations présentées, près de 100 000 caméras de surveillance seraient actuellement opérationnelles à Kaboul. Les talibans affirment que leur installation vise principalement à prévenir la criminalité et à renforcer la sécurité des citoyens.
Des interrogations persistent toutefois concernant la gestion des images recueillies, les personnes ou institutions ayant accès aux données enregistrées et les mécanismes destinés à empêcher leur utilisation abusive. Les informations publiques disponibles ne permettent pas d’établir avec précision l’ensemble de ces mécanismes.
Des critiques mettent également en garde contre les risques liés à la protection de la vie privée. Ils estiment qu’en l’absence de garanties clairement établies, un réseau de surveillance aussi vaste pourrait théoriquement être utilisé pour suivre des opposants ou renforcer la surveillance de la vie quotidienne des citoyens. Ces préoccupations concernant des usages potentiels ne constituent toutefois pas une preuve qu’un tel usage est actuellement mis en œuvre.
L’expansion du dispositif intervient par ailleurs dans un contexte marqué par la pauvreté, les difficultés économiques, le manque d’opportunités professionnelles et les restrictions dans le domaine de l’éducation. Des millions de filles restent notamment privées d’accès à l’enseignement secondaire et universitaire.
Pour les critiques, le développement des capacités de surveillance devrait s’accompagner d’investissements dans l’emploi, l’éducation, les services publics et la sécurité routière. Au-delà du nombre de caméras installées, la question centrale reste donc celle de leur finalité, de leur encadrement et des garanties mises en place pour protéger les citoyens et leurs données.


















