Ahmad Massoud, dirigeant du Front national de résistance d’Afghanistan, a appelé les talibans à choisir entre le dialogue et la poursuite de la confrontation avec le peuple afghan.
Dans un entretien accordé à la chaîne Eiraft TV, Massoud a réagi aux informations faisant état de l’existence de deux courants au sein des talibans, l’un favorable à la paix et l’autre à la poursuite de la guerre. Il a déclaré que si une véritable faction favorable à la paix existe au sein du mouvement, celle-ci doit prendre l’initiative.
Massoud a affirmé que les premiers messages adressés par les dirigeants politiques et militaires afghans, de Hamid Shah Massoud à Burhanuddin Rabbani, n’étaient pas des appels à la guerre mais des messages en faveur de la paix.
Selon lui, malgré ces précédents, le contrôle, l’initiative politique et la prise de décision au sein des talibans semblent actuellement être dominés par des courants qu’il qualifie de « bellicistes ».
Le dirigeant du Front national de résistance a ajouté qu’il n’avait jusqu’à présent pas vu de courant réellement favorable à la paix au sein des talibans et qu’il doutait de son existence. Il a toutefois estimé que si une telle faction existe, elle devrait accepter la volonté du peuple afghan et chercher sa légitimité à l’intérieur du pays.
Massoud a réaffirmé qu’il ne considérait pas la guerre comme une solution au problème afghan et qu’il avait à plusieurs reprises appelé à rechercher une issue politique.
Il a également déclaré que plusieurs groupes opposés aux talibans étaient parvenus à des accords sur certains principes concernant l’avenir de l’Afghanistan et travaillaient à l’élaboration d’une feuille de route commune destinée à créer les conditions d’une légitimité politique.
Selon Massoud, l’objectif de ces groupes n’est ni de détruire totalement les talibans ni de permettre à une personne ou à un courant particulier de prendre le pouvoir. Leur objectif serait plutôt de créer un système politique légitime dans lequel le peuple afghan déciderait de la forme du futur régime.
Il a ajouté que, jusqu’à la mise en place d’un tel système, les différents groupes opposés aux talibans chercheraient à rester unis.
Massoud a également appelé les talibans à venir à la table des négociations et à engager un dialogue en vue de la formation d’un gouvernement inclusif. À défaut, a-t-il averti, les talibans devront faire face à la volonté et à la colère du peuple afghan.
Le dirigeant du Front national de résistance a déclaré que les opposants aux talibans souhaitent un Afghanistan libre, développé et indépendant, dans lequel le pouvoir dispose d’une véritable légitimité et où celle-ci découle de la volonté populaire.
Il a par ailleurs rejeté l’idée d’un désaccord profond entre les groupes opposés aux talibans concernant leur objectif final. Selon lui, la création des conditions permettant au peuple de décider de l’avenir politique du pays constitue leur objectif commun.
Massoud a enfin affirmé que la présence des talibans au pouvoir n’était pas permanente et déclaré : « Les talibans ne sont pas la fin de l’histoire de l’Afghanistan. »
Il a conclu que les talibans seraient contraints, soit par la volonté du peuple, soit sous l’effet des pressions exercées sur le terrain et aux niveaux régional et international, d’accepter la volonté des Afghans ou de quitter le pouvoir.


















